« On doit éradiquer l’utilisation des rejets de plantain »

« On doit éradiquer l’utilisation des rejets de plantain »

Monsieur le président, depuis deux mois environ, des foyers de la mala­ die du Bunchy top des bananiers ont été détectés dans la ville de Yaoundé. Que faut-il faire ? Premièrement, je veux dire aux acteurs de la filière banane-plantain de ne sur­ tout pas paniquer. La situation est bien identifiée. Effectivement, pour l’instant un plan de riposte est mis en place. Oui, c’est une mauvaise nouvelle pour la filière dans le sens où elle peut impacter sérieusement notre productivité. Mais a contrario, je pense que c’est une op­ portunité pour que la filière puisse opérer une nouvelle mutation vers de bonnes pratiques parce qu’il faut com­ prendre que la propagation de ce virus ne se fait que par la semence. Nous martelons depuis des années que les rejets de bananiers plantains ne sont pas indiqués. Depuis quelques années à travers notre Centre d’incubation spé­ cialisé situé à Kribi, nous préparons déjà la jeune génération à n’utiliser que des vitro plans. Donc cette maladie va nous donner l’opportunité de passer un cap pour mettre à niveau nos pépiniéristes. En même temps qu’on doit éradiquer le Bunchy Top, on doit éradiquer l’utilisation des rejets. Pour nous, c’est un danger. On est affecté par le Bunchy Top parce que les pépiniéristes et les producteurs ont la mauvaise manie de chercher la facilité en achetant des rejets qui vien­ nent de n’importe où. Cette maladie vient nous rappeler la nécessité impé­ rieuse de continuer le renforcement des capacités des acteurs de la filière ; d’ac­ célérer la mutation entre agriculteurs et entrepreneurs. Tout le monde doit se tourner vers de nouvelles techniques semencières. D’après vos informations, quelle est l’étendue de la maladie autant dans la région du Centre où elle s’est ré­ cemment déclarée que dans les au­ tres régions ? Permettez-moi de féliciter tout le dis­ positif de surveillance. C’est grâce à la surveillance de l’évolution de cette ma­ ladie que nous avons pu détecter quelques foyers à Yaoundé et à notre connaissance en dehors de la zone d’Am­ bam et quelques points à Yaoundé, il n’y a pas encore eu d’autres zones in­ fectées mais ça ne nous empêche pas d’être vigilants. Je pense que les contrôles vont plus s’intensifier mais grâce à la surveillance constante de nos bassins de production, nous avons pu très rapi­ dement voir cette évolution. Que tout le monde soit rassuré la riposte s’organise et nous ne devons même pas un peu hésiter, cette maladie sera stoppée à Ambam et à Yaoundé. Le ministère de l'Agriculture et du Développement rural prévoit un plan de riposte sur trois ans avec plusieurs objectifs. A votre niveau, que pré­ voyez-vous de faire pour contribuer à la lutte contre cette maladie ? Merci déjà à Monsieur le ministre en charge de l’Agriculture qui a bien voulu associer le secteur privé que nous sommes à cette riposte et je pense que le Minader a bien conscience que de plus en plus dans ce changement de paradigme où on demande aux acteurs de...

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