Transition de l'économie informelle: Le pacte public-privé

L'État et le patronat ont arrêté une feuille de route conjointe couvrant la période 2027-2030 lors d’une concertation présidée par le ministre des PME, le 4 novembre dernier à Douala.

R éunis le mercredi 4 novembre 2026 au siège du Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam) à Douala, le gouvernement camerounais et le patronat ont posé les bases d'une importante ré­ forme du tissu économique lo­ cal lors de la journée de concer­ tation nationale sur la transi­ tion de l'économie informelle. Présidée par le ministre des Petites et moyennes entre­ prises, de l’Économie sociale et de l'Artisanat, Achille Bas­ silekin III, la rencontre avait pour thème « Transition des acteurs de l'économie infor­ melle vers une économie plus productive : bâtir un cadre in­ citatif pour la croissance et la pérennisation des emplois ». La journée s’est achevée par l'adoption de 20 recomman­ dations phares et l'accord sur une feuille de route conjointe 2027-2030 pour intégrer du­ rablement l'informel dans l'éco­ nomie productive. Au Cameroun, selon l'Institut national de la statistique (INS) et les données du Comité na­ tional économique et financier (CNEF), l'informel concentre plus de 75 % des emplois. Le pays comptabilise environ 3,7 millions d'unités de production informelles (Upi) en 2024 contre à peine 600 000 unités formelles, avec un déficit de structuration préoccupant : 95,7 % des Upi ne possèdent pas de numéro de contribuable et 99,5 % ne sont pas affiliées à la Cnps. Face à ce constat, le président du Gecam, Célestin Tawamba, a insisté sur un changement de regard radical, invitant à « cesser de traiter l'informel comme une anomalie à résorber pour le considérer comme un partenaire à relier ». De son côté, le ministre Achille Bassilekin III a réaffirmé la détermination des pouvoirs publics à rendre le secteur for­ mel ...

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