Visiteur :
 ACTUALITE
   Editorial
   Politique
   Economie
   Société
   Culture
   Régions
   Sports
   Coup de griffe!
   Dossier de
   la Rédaction
   International
   Cyber Tribune
   Carnets de Justice
 EXPRIMEZ-VOUS
   Forum
   Livre d'or
 A VOTRE SERVICE
   Numéros utiles 
   Annonces
   Appels d'offres
   Téléchargements
 SOPECAM
   Présentation
   Organigramme
   Mot du Directeur
   Agence CAMNEWS
   Imprimerie
   Abonnement
   Contact
 LE CAMEROUN
   Présentation
   Histoire
   Géographie
   Tourisme
   Arts & Culture
   Liens Utiles
 
   EDITORIAL Vendredi 30 Juillet 2010
L’exception camerounaise
 Par Marie Claire NNANA
 [04/01/2010]

«Et pourtant il tourne», dirait-on du Cameroun, comme en évoquant un miracle quotidien. Ce pays nôtre, concentré de tous les avatars physiques et naturels, de toutes les influences religieuses et culturo-linguistiques, n’était pas pour ses premiers administrateurs camerounais, un cadeau du ciel. Tributaire d’un héritage humain et culturel trop hétéroclite, il semblait même condamné à devenir les Balkans de l’Afrique, une zone d’instabilité chronique par essence ingouvernable. Pour paraphraser l’un de ceux qui ont sublimé cet héritage détonnant, le président Paul Biya lui-même, les colonisateurs avaient rassemblé dans ce triangle aux frontières arbitraires «des groupes dont les différences étaient plus nombreuses que les convergences».

Les acquis au terme de 50 années d’indépendance n’en sont que plus significatifs. L’identité nationale et le sentiment d’appartenance à la mère-patrie sont, à notre sens, en constante progression. La fierté d’être Camerounais et la confiance en nous et en notre potentiel sont des éléments constitutifs de cette identité et peuvent même être considérés comme des traits marquants. Même si le sentiment patriotique aurait bien besoin d’être enseigné et renforcé, la nation existe bel et bien et ses fondements sont solides. La démocratie, paradigme essentiel pour l’épanouissement des peuples, avance à grandes enjambées, tandis que l’économie se construit, malgré les écueils.

Curieux paradoxe alors que celui de ce pays qu’on croyait condamné à la guerre civile, et qui progresse dans la paix et l’unité, contrairement à d’autres qui n’avaient pas à gérer trois héritages coloniaux, deux langues officielles, deux religions sans compter l’animisme ; puis surtout 245 langues et ethnies ! Ce paradoxe définit bien, sans forfanterie, une exception camerounaise qu’il est édifiant de revisiter à la lumière de l’histoire récente du continent noir, parsemée de rébellions, de conflits armés, de coups d’Etats et de marasmes économiques. Le modèle Cameroun parle en effet à l’Afrique et suggère deux enseignements : oui, la diversité peut être source de richesse ; oui, l’unité peut jaillir du foisonnement le plus baroque.

Certains avancent la question anglophone pour relativiser ces acquis et cette vision. Leur opinion a simplement le tort de réduire à un dénominateur commun deux phénomènes fort distincts : l’activisme d’un groupuscule séparatiste et l’aspiration légitime de nos compatriotes anglophones à une meilleure représentativité sur l’échiquier administratif et décisionnel. Dans le premier cas, outre le caractère très limité de ce mouvement – récemment interdit – on peut relever qu’il y a eu délégitimation par l’ Union Africaine de telles velléités de sécession. Dans le second, ce que l’on peut répondre, c’est qu’il n’est pas un seul pays au monde où les groupes sociaux définis comme minoritaires ne réclament une meilleure représentativité. Cette attitude n’est pas un danger pour l’unité mais la manifestation d’une liberté d’expression sui s’exerce sans complexe dans une société démocratique. Il faut ajouter que 50 ans, c’est peu, bien trop peu, pour prétendre satisfaire à tous les besoins de progrès et de justice d’un peuple donné. Par conséquent, le plus dur est peut être à venir: consolider les acquis.

Tout compte fait, l’on peut affirmer sans aucun tremblement de conscience que la majorité des Camerounais d’expression anglophone se sentent parfaitement à l’aise dans une République où prévaut la sélection par le mérite et non par l’origine ethnolinguistique, où les francophones n’ont plus de cesse que de se conformer, notamment dans le domaine de l’éducation, au modèle anglo-saxon, considéré comme plus rigoureux et plus porteur. Les petits Camerounais parlent ainsi couramment trois langues : le français, l’anglais et leur langue maternelle. Le Cameroun évolue donc vers une société plus mélangée, culturellement et linguistiquement, plus apaisée aussi.

Le faste que les autorités du pays veulent donner à la célébration de ce cinquantenaire ne relève donc ni du hasard ni du mystère. Le jubilé du cinquantenaire de l’indépendance, et celui de la Réunification en 2011, doit être compris comme une volonté de célébrer d’importants acquis en matière politique et économique. Une célébration voulue comme une fête, mais aussi comme un recueillement.

Fête parce que le chemin parcouru en 50 ans doit inspirer à tous de la fierté, et recueillement devant l’ampleur de la tâche à venir. Il s’agit de prendre un nouveau départ, de tirer les leçons du passé pour avancer; de conforter la réconciliation. Comment amener chaque Camerounais à devenir un apôtre de la paix, comment faire comprendre à tous que Dieu nous a donné une terre bénie que chacun doit préserver ? C’est la tâche à laquelle nous sommes appelés, pour les 50 prochaines années.

Rappelons-nous les mots du pape Benoît XVI à Yaoundé, foulant la terre d’Afrique pour la première fois, en mars 2009 : «Le Cameroun est une terre d’espérance pour beaucoup d’hommes et de femmes de cette région centrale d’Afrique. Des milliers de réfugiés, fuyant des pays dévastés par la guerre, ont été accueillis ici. C’est une terre de la vie […] C’est une terre de paix […] C’est un pays béni parce que la population y est jeune, pleine de vitalité et décidée à construire un monde plus juste. A juste titre, le Cameroun est décrit comme «une Afrique en miniature» qui abrite en son sein plus de deux cents groupes ethniques différents capables de vivre en harmonie les uns avec les autres. Voilà bien des motifs pour rendre grâce et louer Dieu !» Que faut-il ajouter de plus ?

Table 'sopecam.reaction' doesn't exist - () Commentaire -
 Envoyer  Imprimer  Réagir  Remonter
 
La Une du Jour
L'Info en Continu...
Athletics : African Athletes Shine In Japan
CT 11:44
Parution du Guide des relations presse 2003
CB News 12:29
West Ham Relegated From Premier League
BBC 12:26
Israel Tightens Gaza Ban Despite Pledge to Powell
Reuters 12:20
Le changement climatique menace le maïs latino-américain et africain
AFP 12:13

Nos Archives

Dessin du Jour

Dessin du Jour

A Votre Avis Impossible d'accéder à la base sopecam