| Interview : Monique SEKA, artiste ivoirienne |
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Raphaël MVOGO
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[07/03/2003]
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Monique, bienvenue une fois de plus au Cameroun. Comment vous sentez-vous?
Je me sens bien. Très bien même. Au Cameroun, je suis chez moi.
Vous êtes là pour célébrer avce vos soeurs du Cameorun, la femme, la femme africaine. Que représente pour vous cette Journée internationale de la femme?
Elle représente beaucoup de choses pour toutes les femmes du monde, et en particulier la femme africaine. Moi je suis très contente de voir qu'on célèbre aujourd'hui la femme, qu'on parle de la femme. Auparavant, beaucoup de gens croyaient que la femme africaine ne valait pas grand-chose. Ce que racontaient les Occidentaux. Je pense qu'ils n'ont rien compris à nos traditions, à nos coutumes. Aujourd'hui, quand je vois par exemple les femmes ministres, ou celles qui se battent dans le milieu des affaires pour pouvoir réussir, ça me fait énormément plaisir. C'est la raison pour laquelle je me suis déplacée pour venir faire la fête.
Quel est le statut de la femme ivoirienne? Etes-vous satisfaite de la place qui lui est accordée dans la gestion des affaires, tant au plan politique, économique, culturel que social ?
La femme ivoirienne occupe une place de plus en plus grande dans la société. Avant, les femmes restaient trop enfermées chez elles, c'est-à-dire dans leur foyer. Elles ne bougeaint pas du tout. Maintenant, on les voit un peu partout. Même au Cameroun : elles sont nombreuses ici. Dans le monde entier, elles sont présentes. Donc, la situation a évolué.
Parlant de votre carrière, quels sont vos projets ? Planchez-vous déjà sur votre prochain album?
Effectivement, je suis en train de préparer mon sixième album. Si tout se passe bien, il sort d'ici l'été.
Y a-t-il un projet d'une tournée sur le continent?
On m'a plutôt contactée pour une tournée aux Etats-Unis. Mon manager est en train de travailler dessus. Il y a des festivals là-bas, les gens veulent connaître ce que je fais.
Quand on est artiste africain, faut-il nécessairement s'installer sur la place parisienne pour avoir une percée sur la scène internationale?
Non, du tout. Ils sont nombreux, les artistes africains qui ont fait leur carrière sur place et qui a très bien marché.Moi, je n'ai pas commencé en France ! J'avais déjà mon premier disque en Côte d'Ivoire qui cartonnait fort. Si je suis allée en France par la suite, c'était pour découvrir ce que c'est que la vie.
Mais c'est une présence qui a aussi ouvert d'autres horizons...
Je ne le refuse pas. Evidemment, ça me rapporte beaucoup de choses. Car, les bons studios, c'est là-bas. Les ingénieurs,...il y a tout de ce côté-là. C'est plus facile par rapport au pays. Au pays, on a de très bons musiciens, mais on n'a pas les studios qu'il faut. Les studios de qualité. Il faudra qu'on y emène nos frères qui travaillent dans des studios pour apprendre aussi. ça, ce serait bien pour tout le monde. On a de bons ingénieurs en Afrique !
Quel comentaire vous suggèrent les événements de votre pays ?
Moi j'ai toujours dit que je ne fais pas la politique. Je préfère rester dans la chanson, où je m'exprime mieux. Mais aujourd'hui, les événements qui surviennent dans mon pays dépassent tout le monde. Tantôt, c'est des problèmes d'ethnies, tantôt c'est des problèmes de religion. ça fait des siècles qu'on vit en Côte d'Ivoire, en paix, dans ce brassage culturel et religieux : les chrétiens, les musulmans, les animistes, etc. Le vrai problème est là, mais personne n'en parle. On dit : ce sont les Africains qui sont en train de s'entretuer. Alors que ceux qui sont à l'origine de ces tristes événements ne se montrent pas. Moi ce que je souhaite, c'est qu'on trouve une solution pour que la Côte d'Ivoire retrouve la paix.
Un mot à l'endroit de la femme africaine, à l'occasion de cette fête qui se célèbre demain?
Tout ce que je peux lui dire, c'est : beaucoup de courage, nous devons êtres unies. C'est très important. Parce que, plus on est uni, plus facilement on gagne le pari.
Est-ce que vous avez composé une chanson spécialement pour l'événement et que vous allez interpréter pour vos soeurs du Cameroun ?
Je chante beaucoup la femme. "Okaman", "Missounwa", "Ma maman chérie", "Tanti Affoué", ces chansons sont dédiées aux femmes. Donc, quelque part j'ai déjà rendu hommage à la femme. C'est la femme qui donne la vie, à travers la naissance. Elle est tout. Sans elle, l'homme ne peut pas exister.
Entre votre deuxième album , ""Missounwa", sorti en 1988, et le troisième, "Okaman", sorti en 1995, il y a sept ans de vide. Pourquoi ce long silence?
A mon avis, ça ne sert à rien de courir. Il faut savoir prendre son temps. Parce que là, si je me précipite, je ne sais pas ce qui m'attend au bout du chemin.
Vous déclarez que vous adorez Nkodo Si Tony. Donc, vous aimeriez faire un duo avec lui?
Bien sûr. J'aime sa voix, ses mélodies. ça me ferait plaisir de le rencontrer.
Dans deux ans, vous aurez vingt ans de carrière, depuis la sortie de votre premier album. Le temps semble passer vite...
C'est court !
Jusqu'où aimeriez-vous aller : jusqu'à la fin de vos jours?
Exact.
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