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Les changements climatiques au rendez-vous

24 heures
Rousseau-Joël FOUTE | 14-03-2017 14:41

 En ce début de campagne dans la partie méridionale du pays, il faut  tenir compte de la météo qui perturbe le calendrier agricole depuis quelques années.

Dans le passé, les agriculteurs, de façon empirique, avaient une maîtrise quasi parfaite du cycle des saisons. Ils savaient à quel moment il était opportun de semer sans courir le risque de se tromper. Mais, aujourd’hui, la donne a changé. Le Cameroun, comme plusieurs autres pays de la planète, est vulnérable aux changements climatiques en raison de sa dépendance considérable vis-à-vis de l’agriculture sous pluie. Au point qu’à l’heure actuelle, une question taraude les esprits. Faut-il en effet commencer à planter avec les premières pluies qui tombent dans le Grand Sud du Cameroun ? L’interrogation se fait plus pressante à l’occasion du lancement, vendredi dernier à Buea dans le Sud-Ouest, de la campagne agricole dans la partie méridionale du pays.
Dans ce contexte marqué par les changements climatiques, la météo est capricieuse. Les pluies arrivent à temps et à contretemps. Elles peuvent commencer à tomber et puis, disparaître comme par enchantement et mettre les agriculteurs en difficulté. Du moins, ceux qui ont cru au retour définitif des pluies et ont mis les graines et autres rejetons et boutures sous terre.  Tout le cycle agraire est troublé. Avec précision, « les agriculteurs ne savent plus à quel moment de l’année remuer le sol, préparer les semis et enfouir les plants. La plupart par réflexe et par habitude continue de se fier à l’ancien calendrier qui est devenu caduc », analyse un expert. Traditionnellement, il est conseillé de planter après le 15 mars. C’est pourquoi les ingénieurs agronomes recommandent aux producteurs d’être prudents. Concrètement, cela veut dire par exemple que les premières pluies enregistrées à Yaoundé et ses environs ne signifient pas le retour définitif des précipitations. Celles-ci, comme c’est souvent arrivé ces dernières années, peuvent s’arrêter, ouvrant la voie à une petite saison sèche. Dans ce cas de figure, les semences mises sous terre auront du mal à germer faute d’eau en quantité suffisante. Cette situation, quand elle se produit, oblige les agriculteurs à planter une seconde fois. Lorsqu’ils n’ont pas les moyens d’acheter à nouveau les semences, ils s’exposent aux faibles rendements.
Autre élément de contexte, le passage à l’agriculture de seconde génération qui suppose la mise en œuvre de la grande politique agricole dont les orientations ont été données en 2011 lors du comice agro-pastoral d’Ebolowa. Le lancement de la campagne agricole vendredi dernier permet de rappeler l’urgence de l’ouverture de la Banque agricole dont la création avait été annoncée. Il faut aussi accélérer le processus de la réforme foncière car l’agriculture industrielle ne peut se déployer efficacement que sur de vastes espaces. La mécanisation enclenchée doit également rentrer dans les habitudes du plus grand nombre de producteurs tout comme l’usage des engrais, des pesticides et des semences à haut rendement.

 

La parole aux acteurs

Henri Eyebe Ayissi: “We Will Continue To Provide High Quality Seeds”

Minister of Agriculture and Rural Development

“Launching the farming season is considered as a hallmark moment that enables us to draw a balance sheet of our performances recorded during the past year to determine future prospects. On such an occasion the best performing farmers are recognised. On the other hand, MINDER explores the sector and tries to know more about the challenges faced and seeks appropriate solutions with available means. We continue this year to provide high quality seeds, working material and other inputs anticipating higher yields.”

Peter Babila: “We Produce 90 Tons Of Cocoa Yearly”

President of Muea Harmonised Farmers

“We cultivate cocoa, corn, cassava tomatoes, oil palms and coffee. This occasion has benefitted us in many aspects. We have met FODECC and other organisations and they have advised us how to obtain assistance from government. I now realise government’s endeavour to help farmers. We received insecticide last year and we have had improvement on our farms. We produce more than 90 tons of cocoa each year and we are 89 members in our association. What government has given us will be well utilised”

Nkwele Elvis Ngede:  “We Intend To Enlarge Our Farming”

Member of Young Farmers Association, Tombel

“I have received a spraying machine and rice seeds. I have a cocoa and plantain farm. We are 100 in our association. We are very pleased with government for these wonderful gifts of inputs, seeds and working material. We intend to enlarge our farming and I hope the government will continue to invest in agriculture through us.”

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