Pour un foot africain plus fort

24 heures
Rousseau-Joël FOUTE | 20-03-2017 09:23

Commentaire.

Au moment où le Malgache Ahmad Ahmad prend les rênes de la Confédération africaine de football (CAF), force est de constater que l’instance faitière du football continental, comparativement aux organisations sœurs, apparaît comme la plus étoffée, avec 54 fédérations nationales membres. Ce poids devrait  logiquement impliquer une meilleure représentation au niveau des compétitions majeures, à l’instar de la Coupe du monde. Ce qui n’est pas encore le cas. La preuve, l’Afrique n’a que cinq places à la Coupe du monde de football, alors que l’Europe, avec ses 54 fédérations, dispose de 13 représentants. La Confédération asiatique, qui regroupe 46 fédérations, a pour sa part quatre ou cinq places. Idem pour l’Amérique du Sud qui rassemble dix fédérations.
Ce déséquilibre contraste également avec le riche potentiel du football africain. Car à l’observation,  le continent noir, incontestablement, est un important vivier pourvoyeur de joueurs de talents qui offrent  leurs services pratiquement dans toutes les confédérations. Si cette attractivité sur le marché mondial des transferts est une bonne chose, il reste, en revanche, que cette réalité traduit un phénomène qui s’apparente dans un autre contexte à la fuite des cerveaux. L’ampleur des mouvements des joueurs africains, de l’hémisphère sud vers l’hémisphère nord, permet de constater que l’Afrique perd un peu trop tôt ses étoiles montantes qui devraient normalement attendre de mûrir sur place avant de s’expatrier. Cette situation prive le continent de jeunes pépites qui doivent être les premiers acteurs et animateurs d’un championnat local fort et compétitif. Sans doute que l’environnement économique peu développé y est pour quelque chose, notamment quand l’activité footballistique  ne bénéficie pas de l’accompagnement nécessaire des mécènes et des grandes entreprises du cru. Mais, à l’analyse, il y a aussi de graves carences en matière d’organisation, de management  et de réglementation. A ce sujet, dire que la plupart des championnats professionnels ne le sont que de nom relève d’un doux euphémisme. En outre, sur le plan juridique, la CAF devrait protéger un peu plus les jeunes joueurs africains, en durcissant par exemple un peu plus les conditions de leur transfert vers les grands championnats. Elle pourrait aussi accompagner des programmes de développement des infrastructures dans différents pays, en même temps que la structuration des clubs. Ce n’est pas un hasard si en Egypte, aller jouer à l’extérieur pour un footballeur est une exception. Le championnat local étant si bien organisé qu’il est le creuset de l’équipe nationale, vainqueur à maintes reprises de  la Coupe d’Afrique des nations avec des joueurs locaux d’expérience.
En plaidant aujourd’hui pour un football africain plus fort sous l’ère du nouveau président de la CAF, on ne peut s’empêcher de rendre justice à son prédécesseur, le Camerounais Issa Hayatou, qui aura, en 29 ans, apporté sa pierre à la réalisation de ce noble projet. N’oublions pas que c’est sous sa présidence que l’Afrique est passée de deux à cinq places à la Coupe du monde. L’histoire le retiendra.

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