L’urgence d’un compromis

La suspension de la participation de l’opposition aux travaux du dialogue politique en République démocratique du Congo n’était certainement pas souhaitable. Elle n’en était pas moins prévisible.
Après la signature de la feuille de route de cette rencontre par les délégués de la majorité, de l’opposition et de la société civile, certains participants se sont comportés comme s’ils voulaient imposer leur agenda. L’opposition qui défend la thèse de la priorité à l’élection présidentielle estime que ce scrutin  doit précéder les élections locales qui nécessitent un long processus. Elle justifie son choix en estimant que la cartographie congolaise pose actuellement problème notamment parce que des groupements se chevauchent. Selon l’opposition, l’organisation des élections locales risque de retarder le déploiement du calendrier électoral tandis que la présidentielle permettrait de le fixer et de garantir sa visibilité. L’option de la majorité est  différente de celle de l’opposition. Elle souhaite plutôt que les prochaines échéances électorales commencent par les élections locales et se terminent par la présidentielle afin de permettre à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de procéder à la refonte totale du fichier électoral en y intégrant notamment les jeunes majeurs et les Congolais de la diaspora.
On sait que la CENI a notamment sollicité le report de la présidentiellepour conduire à bon port cette refonte. On sait également que la Cour constitutionnelle a donné une suite favorable à cette requête. Même si l’aile radicale de l’opposition réunie sous la bannière du Rassemblement des forces politiques acquises au changement voit en ce glissement du calendrier électoral une tentative du président de la République Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà du 19 décembre 2016, date de l’expiration de son second mandat à la tête de l’Etat. Dirigée par le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social(UDPS), Etienne Tshisekedi,  l’aile dure de l’opposition a d’ailleurs boycotté les travaux du dialogue. A ceux qui ont choisi d’y participer et qui peinent à s’accorder sur le déploiement du calendrier électoral, l’heure du compromis  sonne pour déboucher sur un consensus solide et prometteur.
 

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