Maîtrise des effectifs: pas de demi-mesure

60 dans les classes de 6e, 80 dans les autres : telle demeure l’instruction du ministre des Enseignements secondaires.

Les recrutements ne font que commencer dans les établissements secondaires publics. Et les proviseurs et  membres des commissions de recrutement sont bien avertis sur le respect scrupuleux des instructions du ministre des Enseignements secondaires (MINESEC) concernant les effectifs dans les salles de classe. 60 par classe en première année technique et en 6e, 80 dans les autres classes. La mesure est en vigueur depuis l’an dernier. Une instruction presque révolutionnaire, car au moment où Jean-Ernest Ngallè Bibehè rendait public le texte réglementant les effectifs, le nombre d’élèves caracolait à…120 voire 150 par classe dans bien des lycées.
« Il y a eu des difficultés dans son application l’an dernier, mais des mesures ont été prises dès la fin de l’année pour le strict respect de l’instruction », révèle Jeannette Bivina, directeur du CETIC de Ngoa-Ekellé. Les sollicitations, comme d’ordinaire, s’accompagnent de toutes sortes de pressions. Elisabeth Ntonga, proviseur du lycée Général Leclerc affirme que les dossiers de recrutement enregistrés dans son établissement sont trop nombreux. « C’est compliqué…Et pourtant la plus belle femme ne peut donner que ce qu’elle a », pense Jeannette Bivina qui a affiché le nombre de places disponibles, classe par classe, pour que les parents le sachent. « Il y a des places et les premiers seront satisfaits », telle est sa stratégie.
« La mesure ministérielle s’applique aussi aux établissements privés », prévient Fidelice Mvogo Ebanda, délégué départemental du MINESEC pour le Mfoundi. Cela n’émeut pas les promoteurs. « Par classe, nous avons entre 40 et 50 élèves. Nous n’avons pas attendu l’instruction du ministre des Enseignements secondaires pour accorder une importance spéciale à la maîtrise des effectifs », réplique Doré Ngantou, fondatrice de Golden Institute de Nkolmesseng.
Chez les confessionnels catholiques, l’abbé Benoît Marie Ndongo Andegue, secrétaire national à l’enseignement privé catholique, affirme que l’équation des effectifs est complexe seulement en milieu urbain avec des établissements à la réputation établie. Pour la résoudre, les responsables orientent les parents vers d’autres établissements catholiques qui pratiquent la même rigueur dans l’enseignement. « Mais nous recommandons toujours que nos classes aient des effectifs raisonnables : 60-70 », confie-t-il.
 

Fidelice Mvogo Ebanda: « Les proviseurs doivent résister aux pressions »

Délégué départemental du MINESEC pour le Mfoundi.

Comment les établissements publics de votre sphère de compétence gèrent-ils la question du respect des effectifs par classe en cette veille de rentrée scolaire ?

Dans les établissements secondaires publics, la gestion des effectifs est règlementée depuis l’année dernière. Dans un texte signé du ministre des Enseignements secondaires (MINESEC), il a été instruit que dans les classes de 6e, les effectifs ne dépassent guère 60 par classe et 80 dans les autres niveaux. L’an dernier, la situation a été gérée cahin-caha parce que c’était la première année de mise en œuvre de l’instruction. Mais la gestion sera meilleure cette année. Des dispositions ont été prises pour qu’il n’y ait pas de couac à partir de cette année.
Quelles sont ces dispositions et quelle pourrait être leur efficacité lorsqu’on sait que les lycées sont les établissements les plus sollicités par les parents ?
Il faut comprendre d’emblée que la situation est gérée de manière progressive. On n’exclut pas les élèves qui étaient là, inscrits régulièrement mais dans des effectifs dépassant largement la centaine et qui passent en classe supérieure. Toutefois, il n’est plus question de revenir sur une situation qu’on a commencé à normaliser.  Avant le concours d’entrée en 6e, un conseil de classe s’est tenu dans tous les établissements. Il a permis de tenir les statistiques sur le nombre de redoublants et la disponibilité des places, conformément aux instructions du ministre. Des précautions sont prises pour régler les cas de nouveaux élèves qui ont eu leur concours ailleurs et qui se retrouvent dans une autre ville à la faveur des affectations des parents. Il en est de même pour les autres niveaux. D’ici à l’an prochain, tout sera normalisé en termes d’effectifs dans les salles de classe.
Où vont ceux qui sont refusés, car plusieurs remplissent les conditions pour mériter une place dans les lycées ?
Les chefs d’établissement et les commissions de recrutement sont tenus de résister aux pressions. Les parents doivent aussi cesser de se focaliser sur un établissement. Ils peuvent voir ailleurs. C’est ce que nous pouvons proposer comme alternative. On ne peut pas grand-chose pour les parents entêtés. Il est entendu que les établissements secondaires privés sont astreints aux instructions du ministre. Ils ne sont pas des établissements à part. De ce fait, ils doivent respecter la réglementation. Une réunion de concertation est d’ailleurs prévue avec les fondateurs. Dans cette logique, ils comprendront qu’ils sont des acteurs de la vie scolaire à part entière. Donc la rigueur de l’application des instructions du ministre en termes d’effectifs demeure de règle. Nous avons le souci de faire fréquenter tous les Camerounais. Il existe de très bons établissements dans le privé. Certains font leurs effectifs seulement lorsque les inscriptions sont bouclées dans les établissements secondaires publics.  Lorsque c’est bouclé ici et là, que les parents comprennent que c’est simplement dans le souci d’offrir le meilleur enseignement, dans des conditions appropriées. Il ne faudrait pas que l’enfant soit mal assis, qu’il prenne mal le cours pour que tout se termine en fin d’année comme on a souhaité.

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