Réforme du permis de conduire: sécurisation renforcée

Présentée hier par le directeur des Transports terrestres, l’innovation permet le suivi des candidats en ligne. De même, le nouveau support physique est plus durable.

La récréation est terminée ! Le ministère des Transports (MinT) a décidé de poursuivre l’assainissement et de barrer la voie aux faux permis de conduire. Grâce à la réforme du circuit d’obtention et de délivrance de ce document, déjà en cours depuis le début de l’année, il est avant tout question, de revoir le processus d’obtention de cette pièce qui confère la qualité du conducteur. Ceci en s’assurant que le fait de l’avoir est la preuve d’une formation en conduite automobile bien suivie et sécurisée. C’est dans cette optique qu’une nouvelle gamme d’innovations a été présentée hier à Yaoundé au cours d’une conférence de presse donnée par le directeur des Transports terrestres du MinT. D’après Divine Mbamome Kendong, cette réforme vise à la sécurisation de l’ensemble du processus d’obtention et de délivrance des documents de transports. A cet effet, elle intègre des applications numériques et une technologie d’avant-garde qui offrent un moyen efficace de contrôle desdits documents et de renforcement de la sécurité routière. « En 2016 au Cameroun, les statistiques font état de plus de 2 000 morts et de 4 000 personnes handicapées. Au centre de ce fléau, le facteur humain est en cause à 70% », a révélé, le directeur des Transports terrestres. D’où l’urgence de s’assurer que tout détenteur de ce document a suivi la chaîne du processus d’obtention et de délivrance du permis de conduire. Cette nouvelle étape de la réforme a permis la fermeture de plusieurs auto-écoles fictives, l’identification de 9 000 candidats imaginaires 3 000 faux permis étrangers à l’espace de huit mois. « Avant cette réforme, il était difficile de s’assurer que l’apprenant a effectivement suivi les cours et assimiler le contenu pédagogique, si elle était éligible, où l’ancienneté pour passer à une autre catégorie, l’âge, le processus de manipulation des épreuves d’examen n’était pas sécurisé », a ajouté notre source.

Ce qui change

La sécurisation renforcée du nouveau support physique du permis de conduire sonne la fin de la fraude de ce document tant sur son aspect physique que son contenu.

Le support physique du permis de conduire Fabriqué pour une durée de vie de 10 ans contrairement à l’ancien permis de conduire qui est de cinq ans, il est désormais difficile de la scanner ou d’en faire une copie. Des cachets et autres sigles CEMAC qui ne s’affichent pas, permet tout de suite de se rendre compte qu’il est impossible d’en faire de faux documents. De même, sur son aspect physique figure le QR Code, une nouveauté. La production automatique de la liste des candidats Désormais à l’examen du permis de conduire, les listes des candidats sont produites sur la base du suivi évaluation en ligne des apprenants. Ceux qui remplissent les conditions de durée et d’assiduité aux séances de formation sont automatiquement sélectionnés et programmés pour la session d’examen en cours. L’objectif étant d’éliminer des apprenants dont l’évaluation est déclarée non concluante ou dont la formation est inachevée. L’informatisation et la sécurisation des résultats d’examen Les procès-verbaux d’examen dûment signés par les membres du jury dans tous les centres d’examen du territoire national sont transmis à l’administration centrale du ministère des Transports. Ceci via le circuit sécurisé du système numérique de sécurisation des documents de transport (SSDT). Celui-ci filtre les résultats et procède à la contre-vérification, afin de s’assurer que les noms qui y figurent sont ceux des candidats déclarés admis et préalablement inscrits sur les listes de candidature. Le système d’information des demandeurs du permis de conduire L’une des innovations appréciées par les usagers est la mise en service dans le système SSDT, d’un mécanisme de renseignement sur la situation de leur dossier, par l’envoi de SMS pour signaler la disponibilité de leur document, en cas de rejet, les pièces à compléter. La production du permis de conduire La réforme renforce à travers le système SSDT, la décentralisation de la production du permis de conduire. Les usagers sont informés de la possibilité de faire établir à leur guise, leur document dans tous les centres de production dudit document. Cette mesure permet de rapprocher le service public des usagers. Afin d’éviter toutes formes de fraudes, la nouvelle réforme mise en place a désormais un système sécurisé et informatisé. Toutes les auto-écoles agrées sont désormais connectées au ministère des Transports et le suivi quotidien de la formation des apprenants inscrits dans les lesdites auto-écoles.

A.N.M.

Jusqu’au bout

Grégoire DJARMAILA

Les chiffres communiqués par le ministère des Transports font état de 2000 personnes tuées et 4000 autres handicapées en 2016 sur les routes au Cameroun. L’année en cours pourrait bien battre ce record macabre quand on sait que le transport routier reste le mode prédominant des transports motorisés, avec comme facteurs aggravants, la mauvaise conduite des automobilistes et la vétusté du parc de véhicules. Cette tendance haussière des hécatombes sur les routes questionne de manière holistique le dispositif camerounais de sécurité routière. Le permis de conduire qui confère la qualité du conducteur occupe une place centrale dans la stratégie camerounaise de sécurité routière. La récurrence des réformes de cet important document souligne la volonté des pouvoirs publics de le sécuriser et donc d’en faire un grand outil de lutte contre les accidents de la route. Les trafics et l’affairisme se sont développés autour de ce sésame par certains maillons de la chaîne. Les tracasseries qui entouraient sa délivrance ont poussé les usagers à recourir aux raccourcis. A l’observation, l’informatisation de ce document entreprise pour limiter le « faux », n’a pas, semble-t-il, éconduit les anciennes pratiques véreuses. Il faut bien qu’on arrive à prescrire des actions plus vigoureuses pour que le carnage sur nos routes cesse. Cette réforme de « deuxième génération » annoncée par le ministère en charge des transports vient donc à point nommé. L’on espère qu’elle sera menée avec tout le sérieux nécessaire pour arrêter l’hémorragie sur nos routes. Il est souhaité que cette révolution adresse de manière profonde les problèmes qui se posent en amont du permis de conduire. Il est question par exemple que l’administration s’assure que les auto-écoles, avant qu’elles ne soient mises à la disposition du public, ont le profil requis, des moniteurs qualifiés pour dispenser un savoir de qualité et un programme de formation en phase avec les exigences de cette branche d’activités. Leurs promoteurs qui ont réussi, à travers leur groupement syndical, le pari de faire passer par leurs établissements tout prétendant au permis de conduire, doivent veiller eux-mêmes à l’assainissement du secteur pour ne pas laisser ouvrir des écoles de conduite automobile sans nom. A terme, il s’agit de séparer le bon grain de l’ivraie. Afin que le permis de conduire ne devienne pas le permis de… tuer.Les chiffres communiqués par le ministère des Transports font état de 2000 personnes tuées et 4000 autres handicapées en 2016 sur les routes au Cameroun. L’année en cours pourrait bien battre ce record macabre quand on sait que le transport routier reste le mode prédominant des transports motorisés, avec comme facteurs aggravants, la mauvaise conduite des automobilistes et la vétusté du parc de véhicules. Cette tendance haussière des hécatombes sur les routes questionne de manière holistique le dispositif camerounais de sécurité routière. Le permis de conduire qui confère la qualité du conducteur occupe une place centrale dans la stratégie camerounaise de sécurité routière. La récurrence des réformes de cet important document souligne la volonté des pouvoirs publics de le sécuriser et donc d’en faire un grand outil de lutte contre les accidents de la route. Les trafics et l’affairisme se sont développés autour de ce sésame par certains maillons de la chaîne. Les tracasseries qui entouraient sa délivrance ont poussé les usagers à recourir aux raccourcis. A l’observation, l’informatisation de ce document entreprise pour limiter le « faux », n’a pas, semble-t-il, éconduit les anciennes pratiques véreuses. Il faut bien qu’on arrive à prescrire des actions plus vigoureuses pour que le carnage sur nos routes cesse. Cette réforme de « deuxième génération » annoncée par le ministère en charge des transports vient donc à point nommé. L’on espère qu’elle sera menée avec tout le sérieux nécessaire pour arrêter l’hémorragie sur nos routes. Il est souhaité que cette révolution adresse de manière profonde les problèmes qui se posent en amont du permis de conduire. Il est question par exemple que l’administration s’assure que les auto-écoles, avant qu’elles ne soient mises à la disposition du public, ont le profil requis, des moniteurs qualifiés pour dispenser un savoir de qualité et un programme de formation en phase avec les exigences de cette branche d’activités. Leurs promoteurs qui ont réussi, à travers leur groupement syndical, le pari de faire passer par leurs établissements tout prétendant au permis de conduire, doivent veiller eux-mêmes à l’assainissement du secteur pour ne pas laisser ouvrir des écoles de conduite automobile sans nom. A terme, il s’agit de séparer le bon grain de l’ivraie. Afin que le permis de conduire ne devienne pas le permis de… tuer.

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