Fête de la Tabaski: le prix du mouton en chute libre

Hier, l’affluence était particulière au marché à bétail de Maroua, l’un des principaux point de ravitaillement.

Effervescence à Maroua. La fête de la Tabaski pointe déjà à l’horizon. La fièvre des préparatifs monte dans les familles. La priorité est à l’achat du mouton. Chaque fidèle musulman cherche à se procurer « son mouton » pour ne pas être marginalisée le Jour-J. Hier lundi, la grande affluence constatée au marché à bétail de Maroua indiquait bien que le mouton se vend à bon prix. « Comme les moutons ne vont plus facilement au Nigeria, nous avons constaté que les prix sont très abordables par rapport à l’an dernier », fait remarquer un client. Abdoul, un des commerçants, indique que la bête la moins chère s’obtient à 15 000 F et la plus chère peut atteindre 100 000 F. « Pour le plus cher, il faudrait que le mouton soit vraiment gros. Or, l’an dernier, le même mouton ne pouvait pas être acheté à moins de 150 000 F. C’est la preuve que les prix sont en chute libre cette année », tient à préciser le commerçant.

Yasmine, une autre commerçante, dit n’avoir pas de choix, car elle a élevé ses moutons pour les vendre à bon prix en cette période où la demande est forte. « Mais, je pense que je vais les brader car je ne suis pas sûre que les prix pourraient encore grimper, surtout que c’est le dernier lundi, jour de marché, avant la fête », se résigne la sexagénaire. Venue au marché à bétail avec ses trois moutons bien dodus, elle espérait rentrer avec au moins 300 000 F. Mais, depuis deux heures que nous l’avons rencontrée, elle discute avec les clients qui lui proposent à peine 70 000 F par bête. L’exportation du mouton vers les marchés les plus rentables est devenue difficile, surtout pour les commerçants qui n’ont pas beaucoup de têtes. Aujourd’hui, pour espérer gagner gros, il faut exporter vers les grandes métropoles telles que Yaoundé ou Douala, ou bien vers le Gabon. Or pour faire ce trajet, il faut avoir au moins 50 à 100 têtes de moutons. « Nous qui n’avons que cinq moutons à peine, vous pensez que c’est facile d’oser aller au Gabon ? Je ne crois pas », fait remarquer Yasmine.

Dans les faits, nous indique Djaoro, vétérinaire chargé d’enregistrer les petits ruminants du marché à bétail de Maroua, les propriétaires de petits troupeaux sont très nombreux. Ils viennent ici ravitailler les revendeurs qui à leur tour peuvent aller vendre dans d’autres villes, voire pays. « C’est ce qui explique l’abondance du produit sur le marché, rendant les prix abordables pour les clients », soutient le vétérinaire.

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