L’avenir de nos enfants : si cher, si sacré

COMMENTAIRE.

Au moment où les écoliers s’apprêtent à reprendre le chemin des classes, le Cameroun tout entier a le cœur qui bat la chamade. La mobilisation visible de la communauté éducative aux quatre coins de la République, dans l’optique de la bonne réussite de cet événement, souligne le caractère central de l’éducation dans les politiques publiques. La rentrée scolaire 2017 se déroule dans un contexte particulier. Les regards de toute la nation sont particulièrement tournés vers les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Depuis 2014, à cause des attaques répétées de la secte terroriste Boko Haram, plusieurs établissements scolaires dans certaines localités de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun ont été obligées de fermer, et leurs élèves réfugiés vers les zones plus sécurisées, où les capacités d’accueil des écoles sont largement dépassées. Devant cette menace de nature à compromettre l’avenir de la jeunesse de cette partie du pays, le gouvernement a, sur hautes instructions du président de la République, Paul Biya, débloqué plus de 5 milliards de francs pour la construction des salles de classes équipées, des latrines et des points d’eau, en vue de renforcer les capacités des écoles qui accueillent les élèves déplacés dans les six départements de la région. Ce plan d’urgence spécial a permis d’atténuer l’impact de cette crise sur l’école.
Dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des compatriotes tentent depuis quelques mois à instrumentaliser l’école pour assouvir leurs desseins politiques. Sous le couvert des revendications corporatistes des enseignants et des avocats, des individus animés par des objectifs funestes utilisent la pyromanie et la terreur pour empêcher des élèves et enseignants de mener avec quiétude leurs activités. Ces comportements qui s’apparentent aux actions terroristes ont négativement impacté sur les résultats des examens de la session 2017.
Les pouvoirs publics ont déployé une batterie d’actions pour, non seulement éviter une année blanche, mais également pour améliorer les conditions de travail des enseignants et de fréquentation des apprenants de ces régions.  L’élite, les chefs traditionnels, les leaders religieux se joignent à cette campagne pour conscientiser parents et élèves sur la nécessité d’un retour à l’école.  A quatre jours de la reprise des cours, aucune action n’est de trop pour que tous les enfants du Cameroun reprennent le chemin de l’école lundi prochain.
Il y va  de l’avenir de nos enfants. Point n’est besoin d’ergoter sur le rôle et l’importance de l’école qui représente un lieu par  excellence de socialisation. C’est elle qui transmet à l’enfant les valeurs et des  normes sociales. C’est également l’école qui permet aux élèves d’être ou de devenir des citoyens, c’est-à-dire des individus intégrés à la nation. En pensant par lui-même, l’enfant devient rationnel et acquiert un esprit critique.
Au Cameroun comme dans tous les Etats modernes, l’éducation relève des missions régaliennes de l’Etat. Selon le préambule de la loi fondamentale, en vigueur,  « l’Etat assure à l’enfant le droit à l’instruction. L’enseignement primaire est obligatoire. L’organisation et le contrôle de l’enseignement à tous les degrés sont des devoirs impérieux de l’Etat ». Il n’est donc pas question que l’école soit l’objet d’une quelconque négociation pour faire aboutir, par des agissements criminels, des revendications politiques.  Le chef de l’Etat l’a d’ailleurs rappelé par des mots d’une résonnance particulière dans son message à la jeunesse le 10 février 2017 : « Il n’est pas acceptable, que l’on prenne en otage l’éducation et l’avenir de nos enfants, dans le vain espoir de faire aboutir des revendications politiques. A l’instar de leurs frères et sœurs des autres régions, les élèves et les étudiants du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont droit à l’éducation. Ils ont le droit de préparer sereinement leur avenir».  Ceux qui veulent donc compromettre l’avenir de la jeunesse pour leurs ambitions politiques devraient comprendre que l’Etat ne fera l’économie d’aucune mesure pour que l’exercice de ce droit soit respecté.
 

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