RDC: climat toujours tendu à Kinshasa

Depuis lundi , de violentes manifestations entre forces de l’ordre et opposants ont déjà fait plusieurs morts. 

Kinshasa s’est réveillée mardi comme elle s’était couchée la veille, dans une atmosphère surchauffée. Des échauffourées ont repris mardi entre manifestants anti-Kabila et forces de l’ordre dans la capitale congolaise. En matinée, une épaisse nappe de fumée noire enveloppait une bonne partie du ciel. Conséquence d’une nuit particulièrement agitée, marquée par l’incendie des sièges de plusieurs formations politiques de l’opposition. Le siège  de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), premier parti d'opposition, attaqué aux premières heures par des inconnus, vivait ses dernières heures sous la furie des flammes à Limete. Dans la nuit, ceux des Forces novatrices pour l'union et la solidarité (FONUS), de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDE), du Mouvement lumumbiste progressiste (MLP), de l’Alliance des travaillistes pour le développement (ATD) et du Congrès national congolais (CNC) se voyaient entièrement réduits en cendres. Des témoins disent avoir vu des hommes en tenue lourdement armés asperger de l’essence sur ces bâtiments. 
A l’origine de ce regain de violences, l’annulation d’une manifestation du «Rassemblement» de l’opposition visant à réclamer la convocation du corps électoral en vue de la présidentielle prévue le 27 novembre 2016, conformément à la Constitution. La répression qui s’en est suivie a entraîné la mort de 17 personnes dont trois policiers, selon le gouvernement contre 50 morts, d’après l’opposition. Le gouvernement accuse les manifestants d’avoir tenté une insurrection qui s’est soldée par un échec. «Au moment où le dialogue national inclusif tend à créer un consensus sur le processus électoral, le calendrier électoral et la sécurisation des élections, seule voix susceptible d’assoir la démocratie et de garantir une compétition politique loyale, il est inadmissible que des pyromanes viennent semer la mort et la désolation», a déclaré Evariste Boshab, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. «Les instructions précises ont été données à la police pour assurer la sécurité et de garantir l’ordre public dans le strict respect des lois et droits fondamentaux des personnes», a-t-il ajouté. 
L’opposition, pour sa part, accuse plutôt les forces de l’ordre d’avoir tiré à balles réelles sur les manifestants. «Ils ont commencé à tirer sur une marche pacifique. Dès que nous avons effectué le premier pas de la marche, nous avons enregistré les premiers tirs et nous avons commencé à ramasser des morts», déclare Bruno Tshibala. 
 

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