Burundi: l’ONU redoute un génocide

L’Organisation des Nations unies accuse Bujumbura de violences de masse et de crimes contre l’humanité.  

Le récent rapport dressé par la mission d’enquête de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur les droits de l’Homme au Burundi est assez accablant. Ce document de 33 pages porte sur la période allant du 15 avril 2015 au 30 juin 2016 et dénonce des exécutions extra-judiciaires, des disparitions forcées, la torture et autres traitements cruels et inhumains. Le rapport parle d’au moins 564 cas d’exécutions recensés. Indexés, le gouvernement et des personnes dont l'action peut être attribuée au gouvernement. «Ces violations ont été et sont commises principalement par des agents de l'Etat et ceux qui sont liés à eux», peut-on lire. «Le niveau global d'oppression et de contrôle de la société a augmenté, s'illustrant notamment par la privation arbitraire de la vie, les disparitions forcées, couplées à des allégations crédibles d’existence de lieux de détention non reconnus, les cas de torture, les autres formes de mauvais traitements et les détentions arbitraires à une échelle massive», s’indignent les enquêteurs.
Dans leur démarche, les trois experts indépendants onusiens disent avoir séjourné à deux reprises dans ce pays des Grands lacs et ont rencontré les autorités burundaises, les victimes, les familles des victimes, visité les prisons et séjourné dans les pays voisins. Ces derniers parlent d’un «contexte aussi fermé que répressif». «Tout semblant d'opposition au gouvernement est traité impitoyablement et apparemment sans peur d'avoir à rendre des comptes», affirment-ils. «Etant donné l'histoire du pays, le danger du crime de génocide est grand», mettent en garde les enquêteurs. Pour mettre un terme à ce qu’ils qualifient de régime de «la terreur et de l’impunité», ils recommandent l’ouverture des procédures judiciaires internationales, invitent la communauté internationale à œuvrer à la protection des populations civiles, en faisant usage de la force, si ces exactions se poursuivent. Le rapport demande à l’ONU de suspendre la participation du Burundi au Conseil des droits de l’Homme. Aux autorités burundaises, le rapport invite à lutter contre l’impunité. 
Accablé, le régime burundais parle plutôt d’«un rapport mensonger et partial». Qualifiant les enquêteurs de l’ONU de «paresseux», le conseiller principal en communication de la présidence de la République burundaise dénonce «des accusations (…) politiquement motivées et basées sur des témoignages anonymes et non vérifiés.» Sur son compte Twitter, Willy Nyamitwe estime que la mission de l’ONU «n'a pas respecté les règles d'usage en publiant ce rapport sans la réponse du gouvernement».
 

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