Pharmacie: on veut caser les jeunes diplômés

L’Ordre national des pharmaciens planche sur ce sujet depuis jeudi à Yaoundé, dans le cadre de son assemblée générale.

Moustapha R., jeune pharmacien, est au chômage depuis deux ans. Après une formation de six ans à l’université des Montagnes à Bangangté, département du Ndé à l’Ouest, le jeune homme peine à trouver un emploi stable. A l’occasion de l’assemblée générale de l’Ordre national des pharmaciens du Cameroun qui se tient depuis jeudi à l’hôtel Mont Febe de Yaoundé sur le thème : « Insertion professionnelle des jeunes pharmaciens et promotion d’un travail décent », Moustapha R. ainsi que bon nombre de ses camarades qui sont dans la même situation, comptent se faire entendre. « Mes parents ont beaucoup dépensé pour payer ma formation. Ils ne déboursaient pas moins d’1,2 million chaque année. C’est pourquoi mes camarades et moi sommes venus soumettre nos difficultés d’insertion dans le domaine de l’emploi. Ceci afin que l’Ordre trouve des solutions », confie-t-il. 
L’arrivée massive des jeunes pharmaciens préoccupe beaucoup. D’après Dr Prosper Hiag, président de l’Ordre national des pharmaciens du Cameroun, le gouvernement a fait le choix d’une massification de l’offre de formation en sciences de la santé dans le pays. Celles-ci se traduisent par l’inscription de 200 jeunes pharmaciens en moyenne, ces deux dernières années, et cette tendance ne devrait pas baisser. Cela fera donc 1 000 nouveaux pharmaciens en cinq ans. « C’est pour cette raison que nous allons travailler pendant ces deux jours sur l’insertion professionnelle des jeunes. Nous allons réfléchir et faire des propositions au gouvernement et au secteur privé à la lumière des mesures incitatives pour le secteur industriel. On parlera également des mesures incitatives pour les PME et de l’emploi décent avec le ministère du Travail et de la Sécurité sociale », a souligné Dr Prosper Hiag.
Au-delà de ce défi démographique dans le métier, il sera également question de résoudre le problème lié aux faux médicaments, contre lequel le Cameroun a entrepris une lutte acharnée depuis 20 ans. Un plan multisectoriel de lutte a même déjà été élaboré par l’ensemble des acteurs. L’ordre se penchera aussi sur  les déserts pharmaceutiques. « Ceci pose l’épineux problème de l’accessibilité et de la disponibilité des médicaments dans certaines régions… Nous devons corriger cette situation en mettant en place un plan de développement de la pharmacie rurale », a conclu le président de l’ordre. Les travaux s’achèvent aujourd’hui.
 

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