Emmanuel Ndjéré: « La loi est l’émanation des traditions d’un peuple »

Magistrat.

 

Vous venez de publier deux livres intitulés Pratique du Droit Pénal au Cameroun Approche analytique. De quoi parlez-vous ?


Je vous remercie de me donner l’opportunité de m’exprimer dans votre journal. Les ouvrages Pratique du droit pénal au Cameroun, Approche Analytique Tomes I et II présentent la substance de la pratique du droit pénal au Cameroun de 1960 à 2017. En effet, du fait de son histoire, le Cameroun a connu plusieurs législations d’emprunt dont les normes ont inspiré son droit pénal à l’aube des indépendances. Quelques cas pratiques traités, des exemples ciblés et des arrêts de la Cour suprême présentant les avis des hauts magistrats en relation avec les enjeux politiques, économiques et sociaux, montrent comment la pratique du droit pénal s’est déployée, dans un univers complexe et délicat pour parvenir à une justice convenable.
D’après votre étude, quelle est l’originalité du droit  pénal camerounais et son ancrage par rapport au droit pénal universel ?
La loi est l’émanation des traditions d’un peuple. Le Cameroun étant un Etat libre et souverain, les lois adoptées  par le peuple Camerounais à travers ses représentants sont des lois qui font un alliage utile, efficace et stratégique entre les traditions Camerounaises et la modernité : la prise en compte de l’environnement familial et de la vie communautaire dans le traitement de la délinquance juvénile, la protection de la veuve et des orphelins, l’obligation faite aux parents de s’occuper de la scolarisation et de l’encadrement de leur progéniture, la répression de l’exigence abusive de la dot etc… sont des exemples concrets de ce qui précède.
Sur un autre plan, les articles 43, 44 et 45 de la constitution, loi N° 96/6 du 18 janvier 1996 modifiée par la loi N° 2008/001 du 14 avril 2008 présentent la procédure de négociation, de ratification, de signature et d’approbation des traités et accords internationaux. Les deux derniers ouvrages présentent les arguments du gouvernement et les différentes dispositions du Code pénal qui attestent que notre pays a intégré dans sa norme pénale, ses engagements internationaux : la répression des actes de terrorisme, la répression de la traite des personnes etc…Comme vous le savez, le monde est devenu un village planétaire. Il est important que les individus aient dans tous les pays, les mêmes droits et obligations : ce sont les droits de l’Homme.


Plusieurs personnes considèrent le Droit pénal comme étant une discipline qui s’intéresse uniquement à ce qui est négatif chez l’homme : quel est votre avis sur ce sujet ?


Nous pensons que le droit pénal va plus loin et nous dirions même qu’il a une dimension pédagogique incontestable. En effet, tous les savants et auteurs contemporains s’accordent pour soutenir que chaque fois que le législateur réprime un fait, il invite à l’occasion les citoyens à promouvoir le comportement contraire. Ainsi la répression du vol tend à inviter les citoyens à respecter le droit de propriété et l’appropriation des biens, conformément aux dispositions légales de ce droit. La répression des actes de terrorisme qui constitue une obligation et un respect des engagements des Etats envers les communautés internationale et nationales, interdit d’une part, les actes de violence comme les attentats, les prises d’otages, les meurtres ou assassinats etc…commis par une organisation pour créer un climat d’insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un système, et promeut d’autre part le respect de la vie, de l’intégrité corporelle des personnes, du patrimoine nationale, de la patrie, de ses emblèmes et des libertés publiques.

 

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