Changements climatiques: le Cameroun consolide sa stratégie

Rencontre d’experts mardi à Yaoundé, autour du ministre de l’Environnement, question d’agrémenter la contribution nationale dans le cadre de l’Accord de Paris.

Le Cameroun ne fait pas partie des grands pays pollueurs du monde. Il en est d’ailleurs bien loin, avec seulement 39 000 Teq CO2 (tonne équivalent carbone) d’émission de gaz en 2010 pour une capacité d’absorption de 76 000 Teq CO2. C’est dire, selon les experts des questions liées aux changements climatiques, que le Cameroun est un puits à carbone. Autrement dit, « grâce à la densité de sa forêt, le pays peut en plus des siens, absorber les gaz produits par d’autres Etats », explique Timothée Kagombé, expert du ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (MINEPDED). C’est justement conscient du fait que la pollution des uns peut affecter tous les autres, que la 21e Conférence des parties à la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21), tenue à Paris en 2015, a demandé à chaque partie (pays), de produire sa Contribution déterminée au niveau national (CDN), afin de faire face aux changements climatiques et à la diminution des gaz à effets de serre. L’« Accord de Paris sur les changements climatiques a été émis à cet effet et ratifié par le gouvernement de Yaoundé en juillet 2016. A ce titre, le Cameroun a décidé de réduire de 32% à l’horizon 2035 son empreinte carbone. Ce, par la mise en œuvre de sa CDN déclinée en orientations et actions. Selon les Nations unies, ce document devra être révisé tous les cinq ans.
Pour le premier quinquennat 2017-2022, le Cameroun peaufine sa première CDN. Le processus de mise en œuvre du document fait actuellement l’objet d’un séminaire intersectoriel de deux jours, ouvert à Yaoundé autour du MINEPDED. L’on retient ici que l’agriculture (déforestation inclutse, constitue la première source d’émission de gaz au Cameroun (76%). Viennent ensuite les énergies fossiles, les déchets et les procédés industriels. Pour atténuer ces émissions d’une part et s’adapter aux changements climatiques d’autre part, le Cameroun se propose de mettre en place une nouvelle politique agricole, plus encadrée et limitant la déforestation et la dégradation de l’environnement. Il sera davantage question de valoriser les ressources du milieu, assurer la gestion des eaux et l’utilisation des déchets organiques. A propos de l’énergie, le Cameroun compte basculer vers le renouvelable au moins à 25%  (mini-hydro, solaire, éolien, biomasse). Le reboisement et la gestion durable des forêts figurent également en bonne place. Le coût de la mise en œuvre de la CDN du Cameroun est estimé à 55 000 milliards de dollars US (plus de 27 millions de milliards de F) à confirmer par des études en cours. Elle sera financée par des fonds externes, fournis notamment par les gros pays pollueurs.
 

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