Economie

Contrebande et contrefaçon: une gangrène pour l’économie nationale

Il ne se passe pas un mois sans que les médias relaient la saisie de tel ou tel produit par  des éléments de la douane. Et pratiquement tout y passe. Boissons (liqueurs, vins, bières, boissons hygiéniques), ciment, sucre, poulet congelé, cosmétiques, cigarettes, tissus, médicaments, emballages plastiques non biodégradables, etc.

Des saisies de marchandises issues de la contrebande, c’est-à-dire les produits importés de manière frauduleuse, sans que leurs détenteurs ne se soient acquittés des frais de douane. Une activité qui, depuis des années, fait mal à l’économie nationale. Dans certaines zones frontalières du pays des responsables affirment que l’activité illicite a atteint un niveau inquiétant.

On en veut pour illustration, l’importation de produits interdits au Cameroun, dans l’optique de protéger l’industrie locale (notamment pour le sucre et le ciment), d’une part, et l’environnement (emballages en plastique non biodégradables), d’autre part.  Toutefois, il faut dire que dans le lot des produits de contrebande, il y a également ceux qui ne respectent pas la réglementation en matière douanière. C’est le cas des véhicules, toutes catégories confondues.

A côté de ces produits de contrebande, il y a la contrefaçon. Ici aussi, presque rien n’échappe au trafic. Les cosmétiques dont les unités de production clandestines sont régulièrement démantelées, les équipements et matériels électriques et électroniques, les vêtements et chaussures, entre autres.

Les conséquences de cette contrebande sont en effet désastreuses. Selon les statistiques du ministère des Finances, ces activités constituent de véritables fléaux pour l’économie camerounaise, dans la mesure où elles font perdre, chaque année, environ 100 milliards de F au Trésor public. Et pour étayer ces données, une enquête conduite par le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), entre 2010 et 2011, révèle que du fait de la contrebande, plusieurs entreprises membre du mouvement patronale ont enregistré d’importantes pertes du fait de la contrebande ou de la contrefaçon. Parmi elles, la société Colgate Palmolive qui a perdu 600 millions de F sur son chiffre d’affaires en 2011.

La Socatral, entreprise spécialisée dans la production des tôles, a affiché des pertes de l’ordre de neuf milliards de F, au cours de la période indiquée.

Heureusement, les pouvoirs publics et même les entreprises ne baissent pas les bras. De nombreuses actions sont organisées et menées sur le terrain pour tordre le coup ces deux phénomènes qui fragilisent le tissu économique camerounais.

On va ainsi parler des opérations coup de poing régulièrement orchestrées par le ministère du Commerce via la brigade de contrôle et de répression de la fraude et les démembrements locaux. Ces entités procèdent à des saisies parfois spectaculaires de divers produits soit contrefaits, soit issus de la contrebande.

A côté du Mincommerce, les services de la douane ne croisent pas les bras non plus. Grâce à  l’opération « Halte au commerce illicite » (HALCOMI), les gabelous, depuis 2016, quadrillent les différents secteurs douaniers du pays pour traquer les contrebandiers.

Le dossier que votre quotidien vous propose a donc pour ambition de vous présenter les principaux couloirs de la contrebande au Cameroun, ainsi que les produits les plus touchés par la contrefaçon. Un arrêt sera également fait sur l’impact de ces fléaux sur l’économie nationale, ainsi que les mesures pour leur barrer la voie.

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