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Politique

Nord-Ouest: le tourisme a pris un coup

En un an, le taux de fréquentation dans les hôtels a drastiquement chuté, entraînant une baisse des revenus chez les acteurs du secteur.

Le secteur hôtelier est durement touché par les troubles à l’ordre public dans le Nord-Ouest. En l’espace de 12 mois, le taux d’occupation des chambres n’a pas progressé. Il a même dégringolé, passant de 61% en juillet 2016 à 45, 66% à la même période, cette année.

En août 2016, environ 66% des chambres étaient occupées tandis qu’un an après, plus d’une chambre sur deux était vide. Même constat à la rentrée 2017. Pourtant, c’était l’inverse en septembre 2016, quand plus d’une chambre était occupée.

A la suite de quoi, le secteur a d’ailleurs connu des investissements supplémentaires, avec 300 chambres qui se sont ajoutées aux 2122 déjà disponibles.

Sur le terrain, c’est le marasme. Assis à la terrasse de l’hôtel Hilltop de Bamenda, samedi 2 décembre dernier, le reporter de CT n’a vu aucun client sollicitant une chambre, de 13H à 19H. « Depuis un peu plus d’ un an, le secteur hôtelier tourne au ralenti dans le Nord-Ouest. 

Les conséquences de cette crise sont néfastes. Avant la crise, il ne se passait pas des semaines sans qu’on ne reçoive une délégation de touristes », regrette Pierre Anoufack, gérant de la structure.

Pourtant, la région ne manque pas de charme. Entre les lacs Awing (Mezam), Oku (Bui), Wum et Nyos (Menchum), le paysage féerique de Sabga (Mezam) ou les palais et musées royaux de Bafut (Mezam), Babungo (Ngoketunjia), Kom (Boyo) et le sanctuaire de gorilles dans la Momo, le touriste camerounais ou expatrié n’a que l’embarras.

Mais, en un an, le Nord-Ouest est devenu une mauvaise destination aussi bien pour les nationaux que pour les expatriés résidant ou non au Cameroun.

La propagande négative sur la région à travers les réseaux sociaux est telle que l’on a de la peine à croire que jusqu’ici, aucun touriste n’a jamais été inquiété dans les rues de Bamenda ou ailleurs.

Partie de 61 établissements hôteliers en 2016, la région en compte même à présent 120. Et les patrouilles de policiers et gendarmes garantissent la sécurité dans la plupart de ces lieux. Notamment dans les bars, snacks et boites de nuit où les rares touristes font quand même la fête.

Avec le retour progressif au calme, les acteurs du secteur espèrent une remontée du taux de fréquentation.

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