Lutte contre les changements climatiques: l’équation du financement

Hier, près de Paris, le président de la République, Paul Biya a participé, au milieu d’une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement venus du monde entier, au Sommet chargé de trouver des solutions de financement à l’Accord conclu dans la capitale française il y a deux ans.

«Make our Planet Great Again » Ou « Rendre à nouveau sa fierté à notre planète ». Un slogan qui n’est pas sans rappeler celui qui a sous-tendu l’élection à la présidence des Etats-Unis d’Amérique de Donald Trump.

C’est aussi celui choisi par le président français, Emmanuel Macron, l’un des co-organisateurs, avec le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres et le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, du One Planet Summit qui s’est tenu hier sur les bords de la Seine en France.

But recherché, outre l’évaluation de l’accord conclu il y a exactement deux ans lors de la 21e Conférence des parties (COP 21) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, trouver les financements indispensables à la lutte contre ce problème qui menace l’humanité.

Une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement venus du monde entier, et quelques 4 000 participants se sont retrouvés pour la circonstance à La Seine musicale, ensemble de bâtiments en forme de vaisseaux et pouvant accueillir des manifestations variées dans le département des Hauts-de-Seine.

Un lieu que les chefs d’Etat, avec en bonne place, le président Paul Biya du Cameroun, ont rejoint hier en début d’après-midi, à bord du bateau « Le Mirage » en provenance de l’Elysée, où ils étaient les hôtes à déjeuner du chef de l’Etat français.

Plus qu’un moment de dégustation des spécialités gastronomiques françaises, cette première partie de la journée leur a donné l’opportunité de commencer la réflexion sur les solutions à apporter au difficile agenda qui était le leur à Paris.

Dans un ordre protocolaire bien réglementé, le président Paul Biya est entré dans la salle des travaux juste avant les trois co-organisateurs, et après les autres chefs d’Etat et de gouvernement.

Plus tôt dans la matinée, les quatre panels constitués pour la circonstance avaient commencé les discussions. De nombreuses personnalités comme l’ancien secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, l’ancien gouverneur de Californie aux Etats-Unis, Arnold Scwarzenegger ou John Kerry, l’ancien secrétaire d’Etat américain qui avait paraphé l’accord au nom de son pays le 22 avril 2016, ont décidé de participer à cette rencontre où il a beaucoup été question du financement de l’Accord de Paris. La présence de ces deux personnalités américaines, loin d’être anonymes, signifiait simplement que la décision prise le 1er juin dernier par le chef de l’exécutif américain de retirer son pays de l’Accord de Paris n’était pas entièrement partagée dans son pays.
Financement public-privé.

Outre le président de la Banque mondiale, de nombreux responsables d’institutions financières internationales ont pris part à ces assises. Parmi ceux-ci, le président du groupe de la Banque africaine de développement (BAD) qui a indiqué les axes vers lesquels cette organisation entend désormais aller, notamment à travers le financement des énergies renouvelables.

Akinwumi Adesina a par ailleurs relevé que la BAD a décidé de créer une grande zone solaire qui devrait aller de l’Afrique de l’est à l’Afrique de l’ouest en traversant l’Afrique centrale, en vue d’éviter la déforestation. Il a souligné que l’organisation qu’il dirige encourage notamment la production d’hydro énergie dans des pays comme le Cameroun, installations qu’il a d’ailleurs visitées il y a quelques mois.

Mais il faut dire que la présence de ces financiers internationaux s’explique tout naturellement. Car, selon une étude réalisée et soumise à l’attention des décideurs par le Brooking Institute, organisation américaine spécialisée dans la recherche et la formation dans les domaines des sciences, les besoins en infrastructures durables (énergies renouvelables, transports en commun, ponts, routes…) nécessaires pour atténuer et s’adapter aux changements climatiques sont évalués à environ 90 000 milliards de dollars sur quinze ans…

Les trois quarts de ces financements sont destinés aux pays en voie de développement. Cela est présenté comme la condition nécessaire pour contenir la hausse des températures en dessous de 2°C. Autre certitude, ces financements ne peuvent pas uniquement provenir des Etats, mais aussi et surtout des institutions financières.

« Ce qui compte, ce sont les engagements qui vont être pris », a souligné le président français qui n’a pas manqué de rappeler l’urgence d’agir. Et «agir vite ». Car, « il n’y aura pas de plan B pour sauver la planète », a pour sa part martelé le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie