One Planet Summit: les engagements de Paris

L’« expression de la volonté des chefs d’Etat et de gouvernement présents », selon l’expression du président français Emmanuel Macron, se veut un nouveau départ dans la lutte contre les changements climatiques.

1 – Faire face aux événements extrêmes dans les Etats insulaires
Ici, il est question de la reconstruction des Caraïbes.
Pour mettre en œuvre cette démarche sur les cinq prochaines années, 11 pays de la Caricom ont décidé de former un partenariat avec les organisations régionales et internationales, des entreprises et des fondations, afin de catalyser les investissements bas carbone dans les domaines prioritaires des réseaux énergétiques et des infrastructures. De nouveaux instruments et véhicules financiers seront déployés pour soutenir cette ambition : plus de 3 milliards de dollars sont d’ores et déjà mobilisés.

2 – Protéger les terres et les ressources en eau face aux effets du dérèglement climatique
300 millions de dollars pour activer le Land degradation Neutrality fund (Fonds de lutte contre la dégradation des terres et la désertification). La France, le Canada et d’autres partenaires annoncent des financements pour enclencher l’action du Land dégradation Neutrality Fund destiné à lutter contre la dégradation des sols.
L’objectif est d’accélérer la mobilisation et les actions concrètes pour atteindre la neutralité de dégradation des terres d’ici à 2030 (cible 15.3 des Objectifs de Développement Durable).
Par ailleurs, la Fondation Gates, la Commission européenne et d’autres pays comme la France initient un programme de financement de 650 millions de dollars pour accélérer le transfert de l’innovation agronomique sur le terrain, notamment dans les pays en développement. Cette initiative part du constat que la recherche agronomique fournit d’excellents résultats, mais que leur transfert peut prendre parfois des dizaines d’années. La France participe à la mise en oeuvre de la phase pilote à hauteur de cind millions d’euros.
En outre, il est prévu la création de la plateforme de financement de 100 projets « Eau et Climat » pour l’Afrique, considérée comme l’un des continents les plus vulnérables au changement climatique.

3 – Mobiliser la recherche et la jeunesse en faveur du climat
La fondation Gates et la fondation BNP Paribas unissent leurs efforts à hauteur de 15 millions de dollars sur cinq ans pour financer des bourses universitaires qui permettront l’accueil de jeunes chercheurs. Il sera également procédé au lancement d’un « Service solidarité européen » pour le climat, doté de 40 millions d’euros. Un financement qui sera assuré par la Commission européenne.

4 – Marchés publics et accès des collectivités aux financements climat. Il s’agira de la création d’un cadre commun entre les villes pour simplifier leur accès aux financements climat. Les principaux acteurs de financement ici sont la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), le Global Covenant of Mayors, la Commission européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI).

5 – Objectif zéro émission
Il s’agit de l’amplification de la Coalition neutralité carbone annoncée lors de la COP23
Menée par les Iles Marshall et la Nouvelle Zélande, la coalition Towards Carbon Neutrality, s’élargit aujourd’hui à 33 nouveaux acteurs – pays, régions et entreprises. L’ensemble de ces acteurs s’engagent à publier dès 2018 et au plus tard en 2020, une trajectoire « neutralité carbone » à l’horizon 2050. Par ailleurs, il est procédé à la création d’un Observatoire spatial du climat qui a pour but de mettre à disposition des Etats et de la communauté scientifique toutes les données spatiales utiles à la surveillance de l’état de santé de la planète.

6 – Révolutions sectorielles vers une économie décarbonnée
Lancée par le Royaume-Uni et le Canada lors de la COP23, la coalition « Powering past coal » rassemble un large éventail d’entreprises, d’organisations et de gouvernements, unis pour accélérer la transition de l’énergie carbonée vers les énergies renouvelables. La coalition s’engage à accélérer l’élimination des centrales au charbon traditionnelles, de façon durable et économiquement inclusive, et à imposer un moratoire à toute nouvelle centrale au charbon traditionnelle sans dispositif de captage et de stockage du carbone. La France s’est engagée à cesser toute production d’électricité à partir du charbon d’ici à 2022.

7 – Des transports sans pollution
Encore appelée Coalition pour les transports décarbonnés. Cette action part d’un constat simple : les transports représentent environ 15% des émissions anthropiques mondiales de CO2. Face à l’urgence de s’engager pour une transformation profonde de la mobilité, huit pays dont le Portugal, les Pays-Bas, le Costa Rica et la France, avec l’appui des acteurs de la plateforme PPMC (Paris Process on Mobility and Climate), créent une alliance pour travailler ensemble à des feuilles de route de décarbonation des transports et pour accroître les investissements dans les transports propres.

8 – Vers un prix du carbone compatible avec l’Accord de Paris.

9 – Actions des banques centrales et entreprises
L’initiative doit permettre d’accélérer la prise en compte des enjeux climatiques dans la supervision financière et dans le refinancement des marchés secondaires (banques commerciales) pour promouvoir un développement ordonné de la finance verte. Les travaux débuteront dès 2018, une conférence internationale se tiendra à Amsterdam aux Pays Bas en avril 2018.

10 – Mobilisation internationale des banques de développement
Un accord est signé dans le cadre du One Planet Summit entre 23 banques de développement nationales et régionales, issues du réseau IDFC (Chine, Allemagne, Brésil, Suède, Canada, France, etc.) – et les banques multilatérales de développement pour augmenter les financements dédiés à la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces montants s’élèveront à plus de 200 milliards de dollars de prêts destinés aux pays émergents et en développement.

11 – Engagement des fonds souverains

12 – Mobilisation des investisseurs institutionnels
Baptisée Coalition 100+ et lancée à l’occasion du One Planet Summit, la coalition « Climate Action 100+ » rassemble 225 grands investisseurs institutionnels représentant plus de 26 300 milliards de dollars d’actifs sous gestion pour coordonner leurs actions vis-à-vis des 100 entreprises cotées les plus émettrices de gaz à effet de serre. Cet effort collectif permettra d’inciter ces entreprises à mettre en œuvre les recommandations de TCFD et de présenter une stratégie de réduction de leurs émissions conformes aux objectifs fixés par l’Accord de Paris.

 

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