« Le président Biya a toujours su anticiper »

  Hele Pierre,   Ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable.

Monsieur le ministre, quelle était l’urgence de l’organisation du One Planet Summit qui vient de prendre fin ici à Paris ?

Il devenait urgent d’organiser cette rencontre parce qu’en réalité, les scientifiques à travers les rapports fournis et même le Programme des Nations unies pour l’environnement ont estimé, avec raison, que les engagements pris à Paris en 2015, s’ils étaient respectés à 100%, on serait loin du compte aujourd’hui, l’objectif étant de contenir la hausse des températures en dessous de 2°C, voire la ramener à 1,5°C. Mais on se rend compte qu’en respectant tous nos engagements, on serait à 3°. Il devient donc urgent d’agir, car il y va de la survie de l’humanité. Le temps n’attend pas. Notre avenir est ainsi hypothéqué, de même que celui des générations futures comme n’a eu de cesse de le rappeler le président de la République, S.E. Paul Biya. Il n’est pas bien que nous sacrifions les générations à venir. Il est donc nécessaire que dans les autres Conférences des parties, on appelle toujours à l’action.

Lors du Sommet de la COP 21 ici même à Paris, le président Paul Biya avait relevé la nécessité d’un accord contraignant envers les parties. Ne pensez-vous pas que les faits lui donnent raison aujourd’hui ?

Le président de la République, S.E. Paul Biya, est un visionnaire. Au Cameroun, il a toujours su anticiper en ce qui concerne ce problème. Des engagements ont été pris à long terme. Le président de la République n’a fait qu’appeler à l’action. A travers sa vision, nous avons pris des engagements et nous sommes en train de les tenir. Mais cela n’est pas suffisant, parce que nous ne sommes pas seuls. Les autres doivent agir également pour s’inscrire dans cette vision d’ensemble qui est celle du chef de l’Etat. C’est pour cela qu’il est urgent que tout le monde s’y mette. Nous sommes tous embarqués dans le même bateau, qu’on soit pays en voie de développement ou pays développé. Il faut avoir de l’argent. Cela s’évalue à des milliards de milliards de dollars pour contenir la température en dessous de 2°C. Le président de la République a entièrement raison quand il appelle à l’action. Que ce soit lors des Conférences des parties sur le climat ou à la tribune des Nations unies à New York, il est resté constant sur cette position et le temps lui donne raison aujourd’hui sur la nécessité de passer des discours à une action concrète pour sauver la planète. Il est question pour les différents Etats et les autres partenaires de mettre aujourd’hui la main à la poche pour faire respecter ces engagements. Nous risquons d’être tous comptables devant l’Histoire. Maintenant, l’autre aspect de la chose c’est qu’au lieu de se maintenir uniquement au niveau des Etats, il faut élargir le champ des acteurs en faisant appel au secteur privé. C’est pour cela qu’ici à Paris, il y a des acteurs privés qui ont été invités : magistrats municipaux, société civile… C’est pour dire qu’il s’agit d’une entreprise collective pour sauver la planète. Aucune voix ne sera de trop. Le président français, Emmanuel Macron l’a dit, ce ne sont pas les moyens qui manquent, mais la volonté de parvenir aux résultats que nous souhaitons. Le Cameroun quant à lui continuera à appliquer les engagements du président de la République dans ce domaine. Il n’y a qu’à voir notre Contribution déterminée nationale (CDN) dans le cadre de l’Accord de Paris. Le président Paul Biya s’était engagé à réduire de 32% l’empreinte carbone à l’horizon 2035. Cet engagement en termes financiers devra nous coûter 27 000 milliards de F pour exécuter les différents projets y afférents. Au rang des secteurs concernés, il y a les forêts où nous devrons beaucoup œuvrer dans le reboisement. Ici, il y a 12 millions d’ha de terre concernés. Le président de la République parle également de sauver le Lac Tchad pour lequel il faut environ 916 millions d’euros, dans lesquels la contribution de notre pays s’élève à 146 millions d’euros. Si nous poussons plus loin vers le Bassin du Niger, il faut débourser 3,11 milliards d’euros où la contribution attendue du Cameroun est de 496 millions d’euros.

 

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