Buea: echanges fructueux

La visite de la SG du Commonwealth dans le chef-lieu de la région du Sud-Ouest vendredi dernier lui a permis de recueillir d’autres propositions de sortie de crise.

La rencontre avec les leaders religieux dans une salle de réunion de Mountain hôtel à Buea a été la plus longue. En dépit des contraintes de son agenda au dernier jour de sa visite officielle au Cameroun, la Secrétaire générale du Commonwealth, Patricia Scotand, s’est entretenue à huis clos, pendant plus d’une heure, avec des hommes d’église, parmi lesquels l’évêque de Buea, Immanuel Bushu et celui de Kumba, Agapitus Nfon.

La Presbyterian Church in Cameroon était également représentée, entre autres. Au sortir de la réunion peu après 15 h, l’évêque de Buea a confié au reporter de CT que les échanges ont porté sur la nécessité du dialogue entre les acteurs de la crise dite anglophone pour trouver ensemble des solutions aux problèmes qui se posent.

« Le principal sujet a été le dialogue. Et quand on dialogue réellement, toutes les personnes impliquées doivent se situer au même niveau. Il n’y a pas de considération du genre, tel est grand, tel autre est petit. Nous sommes tous sur le même pied d’égalité. Sur cette base, les gens doivent pouvoir s’exprimer et dire ce qu’il y a vraiment dans leur coeur », a déclaré, pressé, Immanuel Bushu.

« En guise de réponse, Patricia Scotland a affirmé qu’elle est là pour la paix et qu’elle fera ce qui est nécessaire pour que ce dialogue ait lieu », a ajouté l’évêque. Avant de rencontrer les autorités religieuses, la SG du Commonwealth a écouté d’autres corps sociaux.

Dans la salle de délibérations de la mairie de Buea, elle a eu des échanges, dès 12h25, avec les chefs traditionnels de la région du Sud-Ouest et avec les associations de jeunes et de femmes. A la fin des consultations, le Secrétaire général de la Conférence régionale des chefs du Sud-Ouest, Fritzgerald Nasako, parlant au nom de l’assemblée générale, a révélé à la presse qu’ils ont profité de l’opportunité de la rencontre avec la SG du Commonwealth pour réitérer la position qu’ils ont toujours eue depuis 1990, à savoir, qu’ « ils sont pour l’option d’une Nation camerounaise unie et indivisible mais avec dix régions décentralisées, des conseils régionaux élus ayant une composante dédiée aux chefs traditionnels comme ce fut déjà le cas avant 1972, du temps de l’ancien Cameroun occidental ».

Cette chambre des chefs devra, a-t-il expliqué, jouer le rôle de modérateur de la vie sociale dans la région. « Donc, nous disons non à la partition du pays, non à la sécession, non au retour à la fédération de 1961 car nous devons évoluer positivement comme l’ont fait des pays comme les Etats-Unis d’Amérique et le Nigeria. Il est saugrenu que nous évoluons de dix à deux.

Nous voulons une mise en oeuvre immédiate et complète de la Constitution adoptée en 1996 », a conclu l’orateur. Le Dr Atem Ebako, chef de Talangaye dans le Koupé-Manengouba, ajoutera que les éléments de solution de cette crise se trouvent heureusement dans la Constitution actuelle, notamment au niveau des articles 55, 56, 57 et 58. Pour sa part, Lifanda Sarah Derval, qui a participé aux échanges avec les autres femmes, a fait savoir que l’option du dialogue est à privilégier.

Un dialogue qui, d’après elle, doit associer tous les acteurs de la crise sans discrimination au niveau idéologique. Les jeunes ont également eu voix au chapitre. Christian Achaleke, ambassadeur de la jeunesse camerounise auprès du Commonwealth, déclare que son discours a pour finalité de promouvoir la paix.

« Les jeunes sont victimes de la violence et perdent leur vie. Il faut les associer au dialogue qu’on attend depuis. Nous avons suggéré au SG du Commonwealth de créer les conditions pour rendre le dialogue sincère et susceptible de régler les problèmes qui se posent », a-t-il expliqué.

La journée de travail de Patricia Scot-land avait commencé à 10h43 dans la salle de conférence des services du gouverneur de la région du Sud-Ouest par une réunion avec les représentants régionaux des pouvoirs publics.

Après l’allocution du gouverneur Bernard Okalia Bilaï qui a rappelé le passé de la ville de Buea et présenté la situation de crise actuelle, l’hôte du Cameroun a posé des questions pour comprendre ce qui se passe.

Le gouverneur a rappelé à cette occasion ce qui a été fait par le gouvernement pour apporter des solutions aux revendications exprimées fin 2016 par des syndicats d’enseignants et des avocats anglophones. Insistant sur le fait que les chefs de file des extrémistes et des terroristes sont basés à l’étranger et veulent la sécession des régions anglophones et par conséquent, ils ne prennent pas part aux cadres de dialogue mis en place

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