Vivre de la musique aujourd’hui

Loin, bien loin des querelles liées au droit d’auteur au Cameroun, de nombreux musiciens, notamment les plus jeunes innovent, s’appropriant les moyens de leur temps, en utilisant toutes les technologies pour vivre de leur art.

Il est surtout question de creuser son sillon, de s’adapter au contexte à l’évolution du secteur, sans rejeter les torts des échecs de sa carrière sur un phénomène international. Mais, pour cela, il faut être en activité et continuer à entretenir ses fans en mettant régulièrement à leur disposition de nouvelles chansons.

Non pas que les droits d’auteur de l’art musical ne sont pas importants. Mais, il faut surtout tout mettre en oeuvre pour faire marcher ce qui peut l’être et ne surtout pas s’attarder sur ce qui ne va pas ! Cet après-midi du crépuscule du mois de septembre, Locko se trouve dans les locaux d’Iboga Group. Assis, une bouteille d’eau en main, il attend les directives de son équipe.

Debout, non loin de lui, la maquilleuse. «Je suis là pour une série de shootings. Ce sont des photos que je dois mettre à la disposition de mes nombreux publics. Il est important qu’ils sachent que je pense à eux. Je le fais régulièrement», confie Charles Arthur Locko. Trois jours plus tard, ils se rendent en Guinée équatoriale pour un spectacle. «Les cachets sur mes prestations constituent ma première source de revenus. Un personnel ou une entreprise nous contacte ; on négocie un montant avec mon label à l’issue duquel j’aurai un pourcentage. Parfois, les gens pensent que la totalité du cachet va dans la poche de l’artiste. Il y a toute une équipe derrière. La répartition se fait donc en fonction de cela», confie l’auteur de «Je serai là», qui avoue sans l’ombre d’un doute vivre de sa musique.

Comme lui, Daphne, elle aussi, reconnaît vivre de la musique. Elle répond souvent, contre rémunération, aux invitations privées : mariages, anniversaires, soirées de gala. Elle participe aussi aux concerts au Cameroun et sur la scène internationale. «Je préfère le life», précise-telle. Dans l’optique de diversifier ses revenus, l’artiste basée à Buea est l’égérie de TC Cosmétics, une entreprise basée à Douala depuis juin 2017. «Selon le contrat qui durera un an, je suis payée par mois», ajoute-t-elle.

La majorité, sinon tous les artistes de la jeune génération sont présents sur les plateformes de téléchargement en ligne et de streaming. Pour ainsi dire, ils vivent avec leur temps. «Quand après six mois, I-tunes vous contacte pour vous dire que vous avez une somme à percevoir, ce n’est pas négligeable.

Ça peut aider à décanter une situation », avoue Locko. «C’est un réseau social qui permet de vendre les chansons. Ils peuvent les vendre au Cameroun, dans les autres pays africains, en Europe, aux Usa.

Bref, à travers le monde», explique Daphne. Le tournage des clips peut aussi permettre d’avoir de l’argent. Les entreprises, qui expriment des besoins de visibilité dans ces vidéos, peuvent entrer en contact avec les artistes ou leur manager.

Une fois la négociation bouclée, le paiement suit toujours. Pour Salatiel, la bonne vieille méthode de vente de Cd n’est pas à négliger quand il faut penser aux moyens à utiliser pour gagner sa vie dans la musique.

La méthode la plus astucieuse reste celle de se déplacer avec ses disques et de pouvoir les écouler ou les faire vendre aux divers publics qu’on trouve, tant au Cameroun qu’ailleurs. Ceci, en attendant le  développement de projets de vente de produits dérivés. Une perspective qui nécessite une assiette financière plus conséquente.

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie