Côte d’Ivoire: le projet de Constitution adopté

Les députés ont voté mardi à une majorité écrasante la nouvelle loi fondamentale.

Sans surprise, l’Assemblée nationale ivoirienne a adopté mardi à une majorité écrasante le projet de Constitution soumis à son examen mercredi dernier. Au cours de la plénière d’hier présidée par son président, Guillaume Soro, sur les 250 députés, 239 ont voté pour et huit contre, alors que trois autres se sont abstenus. Par ce vote massif, elle entérine l’avant-projet de texte adopté vendredi dernier par sa Commission des affaires générales et institutionnelles. 
Rédigé sur 57 pages et réparti en 184 articles, ce document crée un poste de vice-président, le Sénat, de nouvelles institutions et définit de nouvelles conditions d’éligibilité. Quant à la Chambre haute, ses membres seront élus, pour les deux tiers, au suffrage universel indirect. Alors qu’un tiers sera désigné par le président de la République. Dans l’esprit du texte,  le vice-président devra suppléer le président de la République en cas d’absence au pays et se verra déléguer par celui-ci la présidence du conseil des ministres sur un ordre du jour précis. Contrairement à la Constitution de 2000, la nouvelle loi, en son article 55 supprime  l’âge limite de 75 ans et abaisse à 35 ans l’âge minimum pour être présidentiable. Quant à l’«ivoirité»,  le document dispose que «le candidat à l’élection présidentielle doit être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère eux-mêmes ivoiriens d’origine». Dans l’ancienne loi, le terme «exclusivement» n’existait pas. 
Au sein de la majorité, la nouvelle Constitution est loin de faire l’unanimité. Si pour les uns, elle permet de «tourner définitivement la page des crises» et de passer à une troisième République, pour les autres, elle pêche par une absence de légalité. «Le peuple a été ignoré. Notre Assemblée nationale n’est pas qualifiée et n’est pas compétente pour doter la Côte d’Ivoire d’une nouvelle Constitution. C’est une forfaiture», dixit Bertin Kouadio Konan, député du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). L’opposition elle, dénonce une «dictature». L'Alliance des forces démocratiques (AFD), une coalition de 13 partis politiques conduite par Pascal Affi Nguessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), a organisé à cet effet samedi dernier à Abidjan une marche pacifique pour protester. «C’est accepter de tourner la page sans la traiter. Adhérer à l’idée d’une nouvelle République dans le contexte actuel, c’est contribuer à bâtir un château de cartes sur du sable mouvant», a dénoncé Siméon Konan Kouadio, ancien candidat à la présidentielle de 2015. Avant sa promulgation, la  nouvelle Constitution devra encore faire l’objet d’un référendum le 30 octobre prochain. 
 

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie