« Je parle de moi et de l’endroit d’où je viens »

 Charlotte Ntamack, Humoriste.

Après « Don’t cry, stand up » qui vous a révélé au public, vous revenez avec « Je suis Charlotte ». Une autobiographie?

Oui et non. Dans ce spectacle, je parle de moi et de l’endroit d’où je viens. C’est-à-dire de mon enfance, ma famille, de mes parents et de mes rêves de petite fille. De femme. De ce que je n’aurais pas voulu faire aussi. Je parle aussi de politique, de la liberté d’expression, du fait je suis Charlie. Parce que dans Charlotte, il y a Charlie aussi. Il m’a été inspirée par l’attaque Je suis Charlie. Ce questionnement de moi, de Charlotte, une femme noire africaine, de comment est-ce que j’ai vécu ces événements de Charlie grâce aux médias, comment on a vu les présidents africains se déployer sur la place parisienne pour témoigner de leur solidarité au peuple français touché par ces attentats. Je parle des médias parce que c’est un métier que j’aurais voulu exercer et de la place de la femme dans la société africaine. Et c’est très important pour moi parce qu’en tant que femme,  je vis certaines choses mal et j’essaye de le dire à travers ce spectacle.

Vous êtes la seule femme humoriste du programme « Le parlement du rire ». Comment êtes-vous arrivés à ce niveau ?

En avion (Rires). Je ne connaissais pas Mamane qui est le porteur du projet, « Le parlement du rire »  même qui est aussi chroniqueur à RFI. Je ne le connais qu’à travers ses chroniques et il se trouve qu’il a vu mon spectacle « Don’t cry, stand up » et il a cherché à avoir mon contact. C’est comme ça qu’il m’a fait savoir qu’il voulait travailler avec moi. Et c’est de là qu’est parti le déclic.


Qu’est-ce qui explique ce penchant pour le stand-up ?

J’ai fait du théâtre depuis 10 ans. J’en avais marre à un moment donné de jouer uniquement des auteurs contemporains et classiques. Pourtant, j’avais des choses à dire, celles qui se passent dans la société, que je vis mal et qui intéresseraient les autres. Et il me fallait la manière de le dire et comment aborder certaines situations difficiles sans heurter les gens. La meilleure manière pour moi était de passer par l’humour. Et c’est comme ça que j’en arrive au stand up.

Vous voulez initier beaucoup de femmes à l’humour ». Que faites-vous pour avoir leur adhésion ?

J’essaie de les mettre en avant dans mes sketchs tout le temps, en leur montrant qu’elles sont fortes et indépendantes. Ceci à tous les niveaux et sur tous les plans. Mécaniciennes, bayam-sellam, pompistes, étudiantes, lycéennes, j’essaie de leur montrer qu’on peut être fragile physiquement, mais être une femme forte. Au Cameroun, on a besoin des femmes fortes, ce sont elles qui font les hommes, le monde, la vie. A travers cet atelier, j’essaie de les motiver à s’intéresser à l’humour. J’ai fait une belle rencontre d’une jeune fille sur un fauteuil roulant qui est d’une force exceptionnelle et si intéressante. Cette trouvaille me galvanise et je me dis que ce n’est pas parce qu’elle est sur un fauteuil roulant que sa vie s’arrête là. Avec des atouts, il y a des possibilités de réussir. Le handicap, c’est dans la tête.

Quid de vos projets immédiats?

Je pense à la promotion de ce spectacle « Je suis Charlotte », le Marché des arts du spectacle africain (MASA) en Côte d’Ivoire en mars prochain où « Je suis Charlotte »  a été sélectionné pour le « In » du festival. Le mois d’avril  sera consacré à une tournée en France.

 

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