Interview: «La femme doit être responsable»

Rachel Ngazang Akono, secrétaire général des Services du gouverneur de l’Est.

 

Madame le secrétaire général, est-ce facile d’être femme pionnière dans le commandement territorial ?

Je réponds par oui et non, à la fois. Dans un premier temps, c’est facile dans la mesure où la femme est diplômée de la même école de formation que l’homme, c’est-à-dire de l’ENAM. Nous avons tous suivi la même formation. De ce fait, on est censé avoir la même compétence, la même formation pour servir la nation. Maintenant, d’autre part, ce n’est pas aussi facile, dès lors qu’on est femme.

Parce que le commandement territorial a été considéré jadis comme la chasse gardée de l’homme. Il y a ce préjugé qui persiste. Mais vous savez quand on est pionnière, il faut bien relever le défi. On n’a pas le droit d’échouer. Il faut répondre aux exigences professionnelles, aux attentes. Je dirai, en somme, que ce n’est pas a priori facile. Mais tout est dans le travail. C’est un défi qu’on relève parce qu’aujourd’hui, la femme camerounaise fait davantage ses preuves dans tous les domaines.

Fort de votre propre expérience dans le commandement, quels sont vos faits d’arme les plus remarquables ?

Dans l’ensemble, j’ai toujours eu à gérer les grands projets depuis que je suis dans le commandement préfectoral. Déjà en tant que collaborateur du préfet du Mfoundi, j’ai eu à gérer  des dossiers relatifs à la construction de routes, aux litiges fonciers. J’ai conduit des commissions dans le cadre de grandes réalisations d’Etat, notamment pour l’extension du réseau électrique d’Ahala, à Yaoundé III. J’ai conduit la reconstitution des limites de terrain appartenant à l’IRAD.

Ensuite, en tant que premier adjoint préfectoral de Ngoumou, dans la Mefou-et-Akono, nous avons été sur le terrain pour la construction de la route Yaoundé-Pont d’Olama. Ce n’était pas donné. Cela se faisait à pied.  On passait des jours sur le terrain pour évaluer les biens à détruire. Au poste de sous-préfet de Yaoundé VII, j’ai travaillé dans le cadre de réserves foncières, des litiges fonciers. Ici, pour avoir déjà travaillé précédemment dans le Mfoundi, je pense que la suite a été facile pour moi. Depuis 2012, je suis secrétaire général des Services de la région de l’Est ; je suis collaborateur du gouverneur, nous apportons notre touche.

Quels sont les conseils que vous donnez aux femmes qui entrent dans le métier?

Aux femmes, je leur demande d’assumer pleinement leurs responsabilités, c’est-à-dire ne pas dire qu’on est fatiguée, et refuser de travailler. Je vous rappelle qu’en tant que sous-préfet de Yaoundé VII, je passais pratiquement des nuits hors de ma résidence parce que vous aviez des réunions à présider, des dossiers à gérer. Donc, il ne suffit pas de dire qu’on est femme, encore que ce n’est pas un handicap. La femme camerounaise doit continuer à travailler, pour mériter la confiance.

 

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