« La lutte contre la drogue, c’est d’abord un problème de volonté »

 Pascal Magloire Akonolinga-Nanga,  Secrétaire permanent du Comité national de lutte contre la drogue.

Monsieur le Secrétaire permanent, quel regard jetez-vous sur la propagation des drogues au Cameroun ? 

 La drogue est un fléau planétaire qui n’épargne pas le Cameroun. Cette campagne qui a été initiée par le Comité interministériel de lutte contre la culture du cannabis fait suite à celle lancée par le ministère de la Santé publique en juillet dernier sous le slogan : « Ma contribution pour des communautés en santé et sans drogue. » C’est  juste pour dire que la drogue est une affaire de tous et qu’à tous les niveaux, nous devons nous concerter. Il faudrait qu’on en parle dans les familles, dans les communautés éducatives et dans tous les services pour que la drogue ne soit plus un sujet tabou.  L’objectif est de mieux faire connaître l’énorme problème que représente la drogue dans notre pays et surtout en milieu jeune. Nous ne nous limitons pas à cette ampleur. Nous travaillons aujourd’hui pour mobiliser les populations, les organisations de la société civile, les médias, les communautés religieuses, les entreprises privées, en fait tous ceux qui peuvent être impliqués dans la lutte contre ce fléau planétaire. La drogue étant et demeurant une affaire de tous, pas une affaire propre au ministère de la Santé publique. Pour dire que le ministère de la Santé publique joue néanmoins sa partition. C’est dans ce sens qu’il a pris le 29 janvier 2015 un arrêté portant création des centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie.

Le Comité national de lutte contre la drogue a-t-il suffisamment de moyens pour faire face à ses charges ?

La lutte contre la drogue n’est pas seulement un problème de moyens, c’est d’abord un problème de volonté. Vous constatez avec moi que la volonté politique est manifeste au plus haut niveau pour combattre la culture, la commercialisation et la consommation des drogues. Donc on ne saurait parler d’un problème de moyens pour une question qui concerne 60% de notre jeunesse. Les moyens ici, c’est la ressource humaine et nous l’avons. Ce sont les ressources médiatiques dont les activités ont été renforcées et qui sont en activité.  J’en profite pour remercier les médias qui contribuent à l’alerte officielle. C’est déjà quelque chose. Toutes les autres administrations sont aussi  impliquées.

Que fait concrètement le Comité national de lutte contre la drogue pour enrayer la propagation des drogues ?

 Nous avons une équipe mobile qui descend sur le terrain, à la demande des  chefs d’établissement, tous les lundis matins pour sensibiliser les jeunes sur ce fléau en commençant par le tabac qui est la porte d’entrée de toutes les drogues, ensuite le tramadol ou tramol qui est utilisé par beaucoup de jeunes en ce moment  et puis sur le cannabis. En ce qui concerne le tramol, les jeunes se sont appropriés l’information. Ils savent désormais que c’est une poubelle. Ce qui se passe actuellement c’est que certains de  ces enfants se sont orientés vers la consommation du cannabis appelé vulgairement le « banga » ou chanvre indien. D’où l&rs...

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