Le printemps des manipulateurs

Les vraies fausses révélations qui inondent l’opinion depuis quelque temps, à travers une campagne médiatique bien élaborée et déroulée selon un chronogramme précis, ne peuvent pas surprendre la bonne foi de grand monde parmi les observateurs avertis de la scène politique nationale.

Pendant longtemps, ceux qui rêvent et espèrent enfin le chaos au Cameroun avaient subodoré et prêté au chef de l’Etat l’intention de prendre prétexte de la situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour reporter les différentes consultations électorales prévues cette année.

Il se trouve malheureusement pour eux que dans son traditionnel message à la jeunesse le 10 février dernier, le président de la République, Paul Biya, a confirmé solennellement que « 2018 sera une importante année électorale ». Une option concrétisée peu de temps après avec le compte à rebours pour les sénatoriales annoncées pour le 25 mars prochain. Il n’en fallait pas plus, pour que la scène s’anime à nouveau.

Et par expérience, l’on sait que dans un contexte de proximité avec les élections – a fortiori la présidentielle – les entrepreneurs politiques de tout acabit se réveillent, reprennent vie et mobilisent leurs soutiens respectifs dans l’optique d’accéder au pouvoir.

Légitime aspiration ponctuée cependant de coups bas, de grenouillages… avec pour sport favori de savonner la planche à l’adversaire. Ici, les armes les plus redoutables, du fait de leur efficacité destructrice, sont la désinformation et la manipulation.

Après d’infructueuses investigations sur le terrain miné des « biens mal acquis », il a fallu, pour les contempteurs de Paul Biya, ouvrir de nouveaux fronts qu’ils ont espéré plus porteurs. En vain ! Aujourd’hui, nous voici face à des « enquêteurs » sortis de nulle part, qui ne se sont distingués jusqu’ici par aucun travail de référence faisant autorité.

Bien plus, la méthode de la prétendue « enquête » laisse pour le moins songeur. Pourquoi leurs investigations se limitent-elles au seul chef de l’Etat camerounais ? Il aurait certainement fallu pour plus de crédibilité, que soient mis à disposition des éléments de comparaison susceptibles d’étayer les faits allégués.

D’autant que les chiffres et statistiques brandis peuvent être manipulés à souhait. Il convient de relever que le président de la République, selon la loi fondamentale de notre pays, est élu par ses concitoyens pour représenter le Cameroun et défendre ses intérêts sans limitation aucune, ni dans le temps ni dans l’espace. En d’autres termes, il n’est nullement assigné à résidence.

Qui peut, qui saurait mesurer, avec une précision même relative, les gains économiques, politiques, diplomatiques pour le Cameroun en rapport avec les déplacements à l’étranger de celui qui incarne la Nation ? Dans tous les cas, il subsistera cette lancinante interrogation : pourquoi toute cette agitation maintenant ? Les indicateurs socio-politiques de l’heure laissent entrevoir des micsmacs incessants dans les semaines et mois à venir. Toutes choses qui découlent des enjeux des consultations électorales en vue.

C’est de bonne guerre. L’intérêt supérieur de l’Etat commande cependant d’y aller dans la sérénité, le fair-play, le respect de l’adversaire et un minimum de patriotisme. Les élections ne devraient servir de prétexte quoiqu’il en soit pour tenter de tromper le peuple, seul détenteur de la souveraineté, ou semer le chaos et la désolation.

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