Un geste de fraternité sportive

Decryptage

Le Cameroun sera bien le seul et unique organisateur de la Coupe d’Afrique des nations  2019. Confirmation après la récente déclaration faite par le président de la Fédération royale marocaine de football en marge du symposium du Football féminin qui vient de se tenir à Marrakech.

Il n’y avait pas de voix plus autorisée que celle-là pour apporter, de la manière la plus officielle et solennelle, le soutien de son pays au Cameroun. Voilà qui vient taire les rumeurs les plus fantaisistes et des allusions à peine voilées qui tendaient à faire du Royaume du Maroc un candidat de substitution tapis dans l’ombre, attendant un éventuel faux pas pour arracher l’organisation de la CAN 2019 au Cameroun.

La sortie du président de la FRMF a le mérite de la clarté et va contribuer à apporter plus de sérénité dans le débat sur l’organisation de cet important événement sportif en le recentrant désormais sur la nécessité d’accélérer les préparatifs sur le terrain dans le strict respect du chronogramme et des délais contractuels.

Car ne l’oublions pas, l’attribution de la CAN s’est faite sur la base d’un cahier des charges à respecter à la lettre pour être en conformité avec les engagements pris.

Vu sous cet angle et sans minimiser son impact, le soutien du Maroc ne constitue nullement un chèque en blanc adressé aux organisateurs de la prochaine CAN.

La « menace », réelle ou supposée, d’un éventuel rival est certes écartée, mais ce n’est pas une raison pour dormir sur ses lauriers. Si la nouvelle vient raffermir les convictions de la plupart des Camerounais qui souhaitent ardemment voir leur pays abriter un événement sportif d’une telle envergure, l’évolution positive en cours ne signifie pas que tous les problèmes sont résolus pour autant.

On a fait part dans ces mêmes colonnes des appréhensions quant au retard enregistré dans le lancement et la conduite de certains travaux prévus de longue date. Heureusement que des mesures idoines ont été prises récemment pour accroître le rythme et les cadences ici et là.

Loin de nous laisser endormir dans le confort douillet des vaines certitudes, la sortie marocaine devrait plutôt être considérée comme un appel à une plus grande mobilisation de la part des responsables en charge des préparatifs.

Le Comité local d’organisation de la CAN 2019 doit être permanemment en éveil pour faire face à toute éventualité. L’accélération des travaux sur les différents chantiers étant dans l’ordre des priorités, on peut saluer les fréquentes descentes du Premier ministre Philémon Yang.

Il s’est rendu notamment dans les stades d’Olembe à Yaoundé, de Japoma à Douala et de Roumde Adjia de Garoua, en attendant d’autres étapes.

Cette présence sur le terrain est rassurante et prouve qu’un monitoring est constant au plus haut sommet de l’Etat. Le Maroc s’étant  montré «disponible pour faire de la CAN 2019 une fête du football africain », il n’est pas exclu de saisir cette main fraternelle.

Dans le souci d’organiser une compétition qui restera gravée dans les annales du football africain et mondial, toutes les contributions sont la bienvenue et il n’y a pas de honte à s’inspirer de ce qui se fait de mieux ailleurs. Dans le sens de l’amélioration de ses propres performances.

Le Cameroun étant désormais seul face à ses responsabilités, la FIFA et la CAF ne nous feront aucun cadeau. Nous ne pourrons les convaincre que par notre capacité à honorer à temps les engagements contractuels.
 

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