« Nous avons réussi à tenir plus de 150 spectacles »

 Pr. Yacouba Konaté,   Directeur général du Marché des arts du spectacle d’Abidjan (MASA).

Pour quelles raisons le mot « satisfaction » revient-il très souvent en parlant de ce 10e MASA ?

Le MASA 2018 se voulait modeste, mais finalement, les chiffres ont dépassé certaines de nos espérances. Nous avons donc plus de 1786 personnes inscrites sur nos registres d’hébergement dont 1182 artistes,  260 professionnels, 180 journalistes internationaux, 150 membres de délégations officiellement constitués. Il faut souligner que tous ces effectifs ne prennent pas en compte les participants locaux à savoir les 300 artistes, 259 journalistes, 440 techniciens ivoiriens. Il est à noter aussi les 152 spectacles que nous avons réussi à tenir tout au long de la semaine. Le bilan qui nous réjouit le plus, c’est celui de la formation des techniciens, car ces hommes et femmes de l’ombre sont indispensables pour des spectacles de grande qualité.

Cependant, quelques couacs comme des salles presque vides et de gros retards ont été enregistrés. Comment l’expliquer ?

Si le MASA veut continuer à fonctionner d’une certaine manière, il y a un nombre de critères qu’il nous faut prendre en compte. Il est vrai que des retards ont été enregistrés dans nombre de salles et sur nombre de sites, mais vous devez comprendre qu’il y a certains aléas qui ne relèvent pas de notre volonté. Des plaintes autour de l’absence des spectateurs ont été également soulevées pour ce qui est de certains sites. Il y a des villes qui veulent accueillir le MASA en dehors d’Abidjan pour une question de valorisation des ressources culturelles du pays, et des sites en dehors du palais de la culture qui veulent la même chose. C’est pourquoi, nous avons organisé cette caravane pour rapprocher le public du MASA. Nous avons programmé chaque artiste au moins deux fois sur deux sites différents, pour pallier ce problème d’affluence dans les salles. Nous espérons qu’à force de communication, le public se rapprochera des salles de spectacle, et que tout ira de mieux en mieux.

Dans quels objectifs cette 10e édition a-t-elle consacré une si grande partie à la jeunesse ?

Cette assertion peut faire cliché, mais la jeunesse c’est l’avenir. Voilà pourquoi nous nous sommes centrés sur elle. Des groupes d’artistes œuvrant dans le cadre du slam, comme le collectif ivoirien « Au nom du slam » et le Capitaine Alexandre, ont rassemblé des milliers de jeunes autour des textes. Ce programme pour jeunes du MASA a eu également un prolongement dans les lycées et collèges, avec des séances d’initiation au slam. Sans oublier le dispositif mis en place pour les arts de rue, avec le cirque et les spectacles de marionnettes géantes. Il y a également eu plusieurs sessions de formation à l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (INSAAC). Des experts venus du Canada par exemple, se sont entretenus avec les jeunes, et se sont interrogés sur des problématiques comme l’art du spectacle pour enfants, ce qu’il faut dire, les sujets qu’il faut aborder pour distraire cette catégorie de spectateurs sans être trop directifs.

Quels échos avez-vous des différentes manifestations organisées tout autour du MASA ?

Effectivement, autour du MASA, il y a une multitude d’activités qui ont été programmées. Je profite de cette occasion pour remercier justement des promoteurs comme Guy Marc Tony Mefe de votre pays le Cameroun, pour cette Escale Bantoo. Il faut également citer des programmateurs venus du Bénin, du Burkina Faso et du Mali, pour certains par route. Et tous ces professionnels qui ont fait vivre les speed-meetings et autres rencontres professionnelles durant la semaine. Certains ont décrié l’absence de grandes vedettes internationales, mais il faut comprendre qu’on a sollicité plusieurs stars de la musique africaine pour animer les grands podiums. Nous n’avons pas pu nous mettre d’accord sur certains points. Voilà un autre aspect sur lequel nous espérons travailler dans l’avenir.

 

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie