Football féminin : pour un championnat compétitif

Décryptage

Mieux vaut tard que jamais. Le lancement dimanche dernier du championnat de première division de football féminin est une bonne nouvelle  pour tous les amoureux du ballon rond qui désespéraient de voir enfin démarrer une compétition à la hauteur des attentes. Certes, le retard à l’allumage en championnat d’élite n’est pas une  nouveauté, tant chez les hommes que chez les femmes. Sauf que dans ce dernier cas, l’inconstance vécu ces dernières années, aussi bien au niveau du respect du calendrier qu’à celui de l’organisation globale n’était pas de nature à installer une sérénité dans les esprits.

Pour l’instant, on peut se réjouir du coup d’envoi effectif du tournoi sous la houlette du Comité de normalisation de la Fecafoot. Le  premier match s’est effectivement disputé le jour et à l’heure prévus au centre technique de la Fédération à Odza. Ce détail peut sembler anodin mais il  vaut son pesant d’or dans un environnement où les instances en charge de la gestion du football camerounais sont absorbées par des préoccupations plus urgentes.

    Pour l’heure, le plus important c’est d’avoir mis un terme à une trêve qui semblait interminable,, mêle si on peut se réjouir d’être légèrement en avance par rapport à la saison 2017. En attendant les six autres rencontres programmées le mercredi, 23 mars sur toute l’étendue du territoire national, on peut au moins être sûr que le train qui vient de s’ébranler ne s’arrêtera pas de sitôt.

Même s’il reste encore le parent pauvre, le foot version dames a beaucoup apporté jusqu’ici au Cameroun. Dans un pays où l’équipe masculine de football a  longtemps fait office d’emblème national, le foot au féminin a progressivement trouvé ses repères, puis imprimer ses marques, malgré un environnement parfois défavorable.

Qu’on se rappelle la première qualification des Lionnes pour la phase finale de la Coupe du monde Féminine Canada 2015, à la suite de la médaille d’or remportée en 2011 aux Jeux africains de Maputo, sans oublier la présence des Lionnes aux Jeux Olympiques de Londres 2012 après une mémorable victoire très décisive face au Nigeria. Sur la même lancée, la finale disputée à la CAN féminine 2016 marquait la rupture avec une longue traversée de désert, servant d’exemple et de stimulant aux Lions victorieux un an plus tard, en 2017.

L’intérêt que les instances internationales et nationales accordent au football féminin s’est matérialisé par la création d’une ligue spécialisée, puis d’une commission ad hoc chargée de la question en plus de la nomination d’une Camerounaise comme membre de la commission d’organisation du football féminin de la Confédération africaine de football (CAF).

    On peut s’étonner dès lors que le prestige dont jouit le football féminin camerounais en Afrique et dans le monde ne soit pas suivi sur le plan interne des mesures appropriées en vue d’une relance durable. Car en l’absence des clubs bien structurées et organisés sur une base professionnelle, on a plus que jamais besoin de poser des fondations solides pour rendre plus attractif et rentable la  pratique de cette discipline au Cameroun.

Au-delà des tournois qui se terminent en queue de poisson, il est temps de jeter les bases d’un football féminin professionnel  qui constituera un  vivier de talents dans les clubs d’élite et les différentes catégories d’équipes nationales appelées à défendre nos couleurs en toutes circonstances. En réalité, le football féminin a moins besoin de notre compassion que des moyens conséquents pour son plein épanouissement. Oui à un championnat de football féminin bien organisé et  installé dans la durée.
 

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