Coopération Chine-Cameroun: 2018, un tournant

La visite d’Etat que vient d’effectuer le président de la République en Chine marque incontestablement un nouveau cap dans la relation entre les deux pays.

L’amitié est intacte, la confiance consolidée. Bref, les conditions sont réunies pour que deux veux amis continuent de cheminer ensemble dans la solidarité et l’intérêt mutuel. Au terme du sixième séjour du président Paul Biya en République populaire de Chine, les mots et les expressions, ainsi que les chiffres sont suffisamment clairs pour indiquer que cette visite d’Etat a été un succès. D’une part, pour la partie chinoise qui tenait visiblement beaucoup à revoir le président camerounais en terre chinoise. Et c’est la voix la plus autorisée, le président Xi Jinping himself qui donne le ton dès l’entame de la visite d’Etat.

Le vocabulaire est choisi avec soin : « homme d’Etat chevronné », « partenaire majeur »… Et d’autre part, pour la partie camerounaise qui sait toujours pouvoir compter sur la Chine. Et Paul Biya qui lui emboîte le pas, ne s’éloigne pas de ce lexique :« La Chine est un partenaire stratégique pour le Cameroun ». Et entre les deux, il y a le trait d’union : ce formidable potentiel qu’offre encore la coopération sino-camerounaise, près de cinquante ans après.

Pour schématiser, on peut dire que la configuration de la visite d’Etat du président Biya en Chine a épousé les contours même de l’ensemble de la relation telle qu’elle existe aujourd’hui et telle qu’elle se projette déjà dans l’avenir.

C’est-àdire, premièrement, des liens forts au niveau politique, qui dictent les orientations générales. C’est le sens des rencontres de haut niveau qui ont toujours existé au niveau exécutif, avec des échanges de visites de chefs d’Etat et de gouvernement. Et aussi au niveau législatif, avec une coopération interparlementaire particulièrement dynamique.

Plus de 400 milliards de don sans contrepartie

Pour ce qui est de la visite qui vient de s’achever, elle restera à coup sûr dans les annales de la coopération Chine-Cameroun. Car à Pékin comme à Shanghai, Paul Biya a été vraiment à l’honneur, dans le sens le plus pur du terme. Quoi de mieux que les gestes de profond respect clairement affichés par un Xi Jinping, du haut de sa posture de chef de la deuxième économie de la planète ?

Eh oui ! Là où d’autres font parfois étalage de condescendance, la Chine, cette amie vraie, sait montrer du respect à un homme d’Etat dont la stature en impose forcément. Paul Biya a été traité en Chine comme il se doit. Comme on traite un ami avec qui on partage. Un ami qui vous apporte beaucoup et à qui on apporte tout autant. Sur ce plan-là, ces 72 heures en terre chinoise ont été particulièrement réconfortantes.

Les cinq accords de coopération signés jeudi dernier à l’entame de la visite n’en sont que le résultat évident. Et quels accords ! Le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, approché par CT a révélé qu’une partie des documents de coopération signés représentait un don sans contrepartie d’une valeur de 334 milliards de F Cfa pour l’année 2018 et 84 milliards pour les trois prochaines années.

Deuxièmement, et le président camerounais l’a souligné à l’attention de son homologue chinois, il est question d’encourager et d’enraciner une relation entre les milieux d’affaires des deux pays. « La coopération interétatique doit être complétée par des liens plus étroits entre les secteurs privés camerounais et chinois ». Le chef de l’Etat reconnaît que les dynamiques entreprises chinoises constituent une véritable chance pour le secteur privé camerounais. A Pékin, Paul Biya a profité de son séjour pour vanter le nouveau cadre réglementaire mis en place depuis peu, avec notamment de nombreuses facilités accordées aux investisseurs.

Pour lui, tout cela peut favoriser cette coopération. Paul Biya avait dans sa suite, deux éminents représentants du secteur privé (le président du Gicam et le président de la Chambre de Commerce), ainsi que le ministre en charge de l’Economie, qui ont certainement pris bonne note de cette volonté politique.

En allant ensuite à la rencontre de géants de la technologie chinoise comme Huawei, Comac ou Startimes, le chef de l’Etat malgré un agenda chargé, a visiblement tenu à indiquer la voie. Inciter des dizaines, voire des centaines d’autres entreprises chinoises et camerounaises à se donner la main, pour profiter et faire profiter leurs pays respectifs des nombreux trésors encore cachés dans la coopération sino-camerounaise.

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