« Les statistiques ne trompent pas »

 Luc Magloire Mbarga,  Ministre du Commerce.

Quels sont les principaux objectifs visés par l’opération Festicoffee qui a démarré il y a quelques années ?

Le gouvernement a adopté, le 30 septembre 2014, un Plan de relance et de développement des filières cacao et café à l’horizon 2020, avec pour ambition de porter, à l’échéance 2020, la production de cacao à 600.000 tonnes et celle du café à 160.000 tonnes, dont 125.000 tonnes de café robusta et 35.000 tonnes de café arabica. Ce plan  venait utilement compléter, en ce qui concerne spécifiquement le café, la stratégie de développement de la Filière, élaborée en 2010 par le ministère du Commerce (Mincommerce) avec le concours notamment du Centre du commerce international de Genève. Le Festival du café, généralement connu sous l’acronyme Festicoffee, participe de cette Stratégie qui vise à conférer une plus-value locale à notre café. Il s’agit d’une initiative conjointe du Mincommerce et du Conseil Interprofessionnel du cacao et du café (Cicc), au  travers d’une grande manifestation annuelle organisée à l’origine dans un certain nombre de villes cibles à travers le pays, puis étendue progressivement à d’autres capitales et villes. L’opportunité est donnée, à cette occasion, à l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur de la filière, notamment les torréfacteurs, de mettre en exergue leur génie-créateur et de susciter, auprès du grand public, l’envie de consommer le café du terroir. A travers Festicoffee, on a ainsi assisté à un saut qualitatif des produits proposés par les transformateurs locaux de café, des produits que l’on retrouve désormais dans les rayons des grandes surfaces, d’ici et d’ailleurs, et dont le packaging, au-delà de la qualité intrinsèque du produit,  n’a rien à envier à ce qui se fait de mieux sous d’autres cieux.

L’impact de ces journées de dégustation du café est-il visible chez les consommateurs ?

Il n’y a qu’à voir l’affluence et l’effervescence qui ont cours à l’esplanade de l’Immeuble Rose à Yaoundé à l’occasion des Journées mensuelles de consommation du café (Jmcc), le dernier mercredi de chaque mois. Le même phénomène s’observe à l’Aéroport International de Yaoundé-Nsimalen où nous avons installé un kiosque de dégustation du café. Il y a en tout cas des statistiques qui ne trompent pas. D’une campagne à l’autre, entre 2015/2016 et 2016/2017, le volume du café transformé localement est passé de 3.786 tonnes à 5.610 tonnes, ce qui équivaut à une progression de 48 %. En 2014 et 2015, le Cameroun transformait seulement 448 tonnes de son café. En l’espace de trois campagnes, les quantités transformées localement ont ainsi bondi de 1.150 %. Aujourd’hui, le pays compte parmi les 80 pays, dont 5 africains, à l’avant-garde de la promotion de la consommation locale du café.

 

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