Une chance à saisir…

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Le climat politique et social est tendu en Ethiopie depuis de longues années. Et c’est peu de le dire, tant le bilan des manifestations qui sont régulières dans le pays est lourd. Ainsi, plusieurs centaines d’Ethiopiens sont morts récemment dans des manifestations réprimées par le gouvernement.

La lame de fond de ces manifestations est le ras le bol des Oromo, la principale ethnie du pays, qui crie à la marginalisation depuis des lustres. Depuis la chute du régime de Mengistu Hailé Mariam en 1991, ils ont été tenus à l’écart du pouvoir qui était alors l’apanage des Tigréens, qui constituent pourtant une minorité dans le pays.

Ces derniers mois, les Oromo n’ont pas cessé de revendiquer plus de considération et une meilleure représentativité dans les cercles de pouvoir. Ils viennent d’obtenir gain de cause avec l’accession d’un des leurs au poste de Premier ministre. Depuis cette semaine, Abiy Ahmed est le premier ressortissant Oromo à occuper le poste de chef de l’exécutif éthiopien.

Abiy Ahmed sera notamment chargé de rétablir la stabilité dans un pays miné par les tensions, de réconcilier les plus de 80 ethnies éthiopiennes et de mettre en œuvre des réformes démocratiques. Très concrètement, il faut calmer le pays où les revendications sont nombreuses. Les Oromo par exemple souhaitent une meilleure répartition des retombées économiques et  une ouverture démocratique.

Leurs revendications ont été imitées par  les Amhara, la deuxième ethnie du pays, au point de plonger le pays dans une situation de quasi insurrection. Et c’est à la suite des remous qui ont débuté en 2016 que l’on a abouti à l’alternance au sein du Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF), la coalition au pouvoir.

En tout état de cause l’Ethiopie tient une occasion en or pour prendre un nouveau départ. Le pays ambitionnant d'accéder au statut de pays à revenu intermédiaire d'ici 2025, il ne peut pas se permettre de demeurer longtemps dans l’instabilité. Dans l’immédiat il est question de modifier les tendances autocratiques profondément enracinées de l'EPRDF.

En effet, face aux différentes manifestations antigouvernementales initiées dès fin 2015 par les Oromo, le gouvernement a toujours réagi violemment. Le nouveau Premier ministre devra rétablir le lien de confiance entre le peuple et son gouvernement. Les jeunes notamment aspirent à plus de liberté. En ce sens, la levée de l'état d'urgence est un préalable essentiel.
 

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