Sierra Léone: les chantiers du nouveau président

 Julius Maada Bio devra attirer les investisseurs dans un pays miné par la corruption, qui peine à se relever d’une longue guerre civile.

Julius Maada Bio n’a pas attendu que le jour se lève pour prendre les commandes de la Sierra-Leone. Deux heures seulement à peine après la proclamation des résultats du second tour de la présidentielle du 31 mars dernier le donnant vainqueur avec 51,81% des voix contre 49,19% pour Samura Kamara, le candidat du parti au pouvoir, le nouveau président Sierra-Léonais a prêté serment.

Le candidat du Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP) a été investi dans ses nouvelles fonctions dans la nuit de mercredi à jeudi dans un grand hôtel de Freetown où l’attendaient ses supporters, des représentants des corps de l’État et des diplomates étrangers en poste dans le pays.

Comme attribut, Julius Maada Bio a reçu du plus haut magistrat du pays un bâton de commandement, symbole de la passation de pouvoir avec son prédécesseur, Ernest Bai Koroma, son tombeur en 2012 qui ne pouvait plus se présenter après deux mandats de cinq ans.

A 53 ans, cet ancien militaire revient aux affaires de manière démocratique, 22 ans après un bref passage à la tête de la Sierra-Léone. En janvier 1996, Julius Maada Bio avait pris le pouvoir à la suite d’un coup d’Etat contre le capitaine Valentine Strasser, le chef de la junte  dont il était le numéro 2.

Sous la pression de la communauté internationale, il capitule deux mois plus tard au profit du président nouvellement élu, Ahmad Tejan Kabbah. M. Maada Bio est conscient qu’il hérite de l’un des pays les plus pauvres du monde malgré ses immenses ressources naturelles. Durant la campagne électorale, il a fait plusieurs promesses à ses compatriotes pour redresser la Sierra-Léone

Réputé pour son franc-parler et son sens de la rigueur, le nouveau président a qualifié d’«arnaques» les projets d’infrastructures financés par certains partenaires étrangers que privilégiait  la précédente administration.

Il promet aussi de remettre à flots une économie fragile après le passage de l’épidémie du virus Ebola entre 2014 et 2016 et qui reste vulnérable face à la chute des cours mondiaux des matières premières.

Il s’est engagé à réviser les concessions minières et les avantages fiscaux accordés aux compagnies étrangères et entend instaurer une éducation primaire et secondaire gratuite pour tous les enfants sierra-léonais. Il promet d’attirer les investisseurs afin de redresser ce pays dévasté par la longue guerre civile de 1991 à 2002 qui a fait plus de 120 000 morts.

 

 

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