« Divers facteurs entourent le succès où l’échec du postulant »

Me Emmanuel Mbiam,  Avocat au barreau du Cameroun, député à l’Assemblée nationale.

Le résultat de l’examen d’admission à la profession d’avocat présente 66% de taux d’échec. Quel commentaire en faites-vous?

Ce résultat me met dans la situation de quelqu’un qui ne comprend pas. La profession d’avocat est libérale. On travaille d’abord pour soi-même. L’examen permet de vérifier les connaissances au niveau du droit et savoir si le stage a été bien effectué. Dans ce dernier cas, on vérifie l’assiduité au cabinet, aux audiences, aux conférences de stage. Ceci doit figurer dans le commentaire du parrain. L’autre partie de l’examen consiste en un exercice pratique : la plaidoirie, la préparation de dossier, la gestion du cabinet. Le test de connaissance et le stage donnent au jury la possibilité d’apprécier. L’examen ne doit pas être compris comme une promotion donnée à des candidats qui entrent dans une profession qui est avant tout, une profession libérale. L’avocat, pendant l’exercice de son métier est face à sa personne et face à ses responsabilités. Il a beau avoir une note de 14/20, s’il est médiocre dans l’exercice, son avenir n’est pas garanti. Les statistiques ne servent pas à grand-chose dans ces résultats. Le barreau compte environ 4 000 membres, mais les meilleurs se comptent au bout des doigts.

Quelles sont les raisons de cette médiocrité, et quelle est la part des parrains dans cette défaillance ?

La profession fait aussi appel à des compétences qui n’ont rien à voir avec le droit et le savoir intrinsèque. Il faut le charisme. On l’a ou on ne l’a pas et l’acquisition du charisme ne s’apprend dans aucune université. Le métier d’avocat est bien plus difficile qu’on ne le pense. Les professionnels travaillent pour leurs clients et sont jugés par eux. Par expérience, je peux affirmer qu’il y a des avocats stagiaires qui, dès le départ, donnent les signaux qu’ils n’iront pas bien loin. La part de responsabilité des parrains ? La question est embarrassante. Il y a des facteurs divers qui entourent le succès ou l’échec du postulant : l’environnement socio-économique influence la vie professionnelle. Mais, il y a des critères qui prédisposent et ces critères-là ne sont pas essentiellement basés sur l’examen.

Comment remettre les moins bons du barreau à niveau ?

Il faut penser à la réforme de la loi régissant la profession. Dans l’exercice du métier, il y a déjà eu plusieurs évolutions. Avant, pour entrer en stage, il fallait juste un arrêté du président de la République et pour être inscrit au grand tableau, il fallait un décret. Aujourd’hui, le barreau est maître de son tableau et il organise l’examen. Il faut envisager d’aller plus loin pour permettre au barreau national de jouer pleinement son rôle : s’occuper des problèmes qui concernent les membres de cette profession, résoudre notamment les problèmes entre les avocats, entre les avocats et les clients, entre les avocats et les cours et les tribunaux, organiser les formations, etc. Ce n’est pas facile pour un barreau de plus de 4 000 membres.

 

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