Dr Mbah David Akuro: le généticien comblé

Le chercheur de 73 ans qui vient de recevoir les honneurs scientifiques de ses pairs  a contribué par ses travaux à l’amélioration de la production bovine et laitière.

La 4e édition de la rentrée scientifique, tenue le 12 octobre dernier à Yaoundé, a été marquée par une innovation, celle de la célébration d’un éminent chercheur. Pour cette première reconnaissance nationale, la grande famille de la recherche camerounaise a plébiscité le Dr Mbah David Akuro, 73 ans, PHD en génétique depuis 1980. Particulièrement ému et surpris, le vieux chercheur confie, un brin nostalgique : « c’est bien la première fois que je reçois des honneurs scientifiques de mon pays et une attestation de reconnaissance de la part du gouvernement ». Pourtant, son CV, long comme le bras, affiche 123 publications scientifiques et autant d’invitations de par le monde, afin de partager son expérience.
Natif d’Ashong, dans le département de la Momo, région du Nord-Ouest Cameroun, le Dr Mbah David Akuro est actuellement secrétaire exécutif de l’Académie des sciences du Cameroun. Enseignant de biologie dans les années 70, il obtient une bourse pour poursuivre ses études supérieures aux Etats-Unis d’Amérique, d’où il revient en 1980, nanti d’un PHD en génétique. Débute alors une aventure dans la recherche, notamment dans l’application de la génétique en production bovine. « J’ai effectué deux types de recherches : premièrement, j’ai travaillé à la production de paramètres génétiques qui aident à isoler une race de bœufs particulièrement charnue. Et puis, j’ai œuvré à la production des vaches laitières, pouvant produire sept à 15 litres de lait par jour », explique le chercheur.
A propos des taureaux de chair, le Dr Mbah David Akuro indique que c’est un travail de longue haleine, débuté au Cameroun dans les années 60 par les coopérants français et le gouvernement. « J’ai repris les travaux dans les années 80. Il a été question d’étudier l’évolution de diverses races de taureaux, suivre leur évolution et leur descendance, avant d’établir qu’il s’agit d’une race à chair. C’est justement le cas du Gudali de l’Adamaoua ». Pour les vaches laitières, « c’est un croisement de bovins européens et américains avec des vaches locales, notamment des Gudali, qui ne produisaient que trois litres de lait par jour. Le croisement génétique a conduit à une race métisse à double capacité. Elles produisent trois à cinq fois plus de lait, tout en étant particulièrement charnu », se réjouit le chercheur ! Le fruit de sa recherche concoure ainsi à l’amélioration de la vie des éleveurs et à la réduction de la pauvreté en milieu rural. 
 

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