Projet de loi sur le parrainage: jeudi tendu à Dakar

La séance plénière consacrée hier à l’examen du texte modifiant le Code électoral a été perturbée par des échauffourées entre forces de l’ordre et opposants.

L’hémicycle de l’Assemblée nationale sénégalaise à Dakar a connu une ambiance surchauffée hier. Des députés de l’opposition ont manifesté contre l’examen du projet de loi portant sur une réforme de la Constitution en vue de l’instauration du parrainage intégral pour les candidatures à l’élection présidentielle de 2019.

Ce projet de loi soumis au parlement par le gouvernement prévoit que les candidats à ce scrutin devront recueillir le parrainage d’1% du corps électoral, soit environ 65.000 personnes domiciliées dans sept régions du pays au moins.

Le pouvoir dit craindre une inflation du nombre de candidats à la présidentielle dans ce pays d’Afrique de l’Ouest qui compte près de 300 partis. L’opposition sénégalaise qui dénonce des «manipulations constitutionnelles et électorales» ainsi qu’une «forfaiture», y voit une «manière astucieuse» visant à empêcher les candidats de l’opposition à se présenter aux élections et à ouvrir un boulevard à une «réélection» de Macky Sall à la présidentielle du 24 février 2019.

Quelques jours auparavant, le gouvernement, par la voix d’Ismaïla Madior Fall, Garde des sceaux et ministre de la Justice, a expliqué que ce texte mettra un terme à la discrimination entre candidats des formations politiques et des candidats indépendants.

Tout comme il devra aussi mettre un terme aux candidatures fantaisistes. Au cours de la plénière d’hier, Toussaint Manga, député du Parti démocratique (PDS) a déchiré ledit projet sous les acclamations de ses collègues de l’opposition.

Devant cette ambiance délétère, Moustapha Niasse, président de l’auguste institution, a du suspendre la séance. S’appuyant sur l’article 66 de la Constitution qui dispose que «les séances de l’Assemblée nationale sont publiques », militants de l’opposition et acteurs de la société civile se sont mobilisés pour aller perturber les travaux. Mais, ils se sont heurtés à la police qui a du faire usage de gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires. Dans la foulée plusieurs opposants ont été interpellés.

A l’instar d’Idrissa Seck, ancien Premier ministre (2002-2004) et leader du parti Rewmi (le pays), Malick Gakou, président du Grand parti, et Thierno Bocoum, président du mouvement Agir, venus protester contre le vote d’une révision du code électoral.

Des manifestations ont également été signalées dans d’autres localités comme Pikine, les Almadies, Mbacké et Médina. Ces manifestations interviennent alors que le président Macky Sall se trouve en France depuis mardi dernier jusqu’à demain.

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