Centrafrique: le temps du désarmement

Plus de 6000 ex-combattants renoncent à la lutte armée pour participer au processus de paix en cours et se reconvertir à la vie socio-professionnelle.

Le programme de démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR) est désormais en marche en République centrafricaine. Selon des informations relayées par Chine Nouvelle, plus de 6 000 ex-combattants viennent d’accepter de déposer les armes et se faire identifier par les organes en charge de la mise en œuvre de ce processus. D’après l’agence d’information chinoise, ils sont au total 6 095 sur un objectif de 7 000 ex-rebelles ayant appartenu à l’ex-coalition de la Séléka qui a soutenu Michel Djotodia pour le renversement de François Bozizé en mars 2013 à avoir quitté le maquis pour s’inscrire dans le processus de paix. Virginie Mbaïkoua, ministre des Affaires sociales et de la Réconciliation, parle de «800 femmes enregistrées volontaires» dans cette opération.
Pour l’instant, le DDR consiste en l’enrôlement et en la formation pour la reconversion socioprofessionnelle des ex-combattants. Il se tient à Bangui et dans huit provinces. Des milliers de ces volontaires ont été sélectionnés pour être formés dans le domaine agricole afin de relever ce secteur qui constitue un véritable poumon de l’économie centrafricaine, affectée par plusieurs années de conflit.  Selon différentes sources, ils sont près de 10 000 enfants-soldats enrôlés dans les différents mouvements militaires en activité à travers le pays. L’ex-Séléka, à elle seule, aurait enrôlé dans ses rangs entre 20 000 et 25 000 jeunes combattants lors de la chute de Bozizé. Avec le soutien des partenaires, le gouvernement centrafricain parle d’environ 7 000 enfants-soldats ayant fait l’objet d’une démobilisation depuis 2014. 
Alors que l’on salue ce geste des ex-combattants de l’ex-Séléka, il est signalé un afflux massif des déplacés à Bangui en provenance de Kaga-Bandoro et Ngakobo, après les attaques successives dont ces deux localités ont été la cible il y a quelques jours. A pied, à moto ou à bord des véhicules, les populations arrivent par vagues successives dans la capitale pour se mettre à l’abri des exactions des hommes armés. Selon un dernier bilan, l’attaque du site des déplacés de l’évêché de Kaga-Bandoro a fait 45 morts. Cantonnées pour la plupart dans le 8e arrondissement, les populations déplacées ont besoin d’assistance. Depuis mardi dernier, elles ne cessent de solliciter une assistance alimentaire et sanitaire. Selon certaines sources, ces personnes ont tout perdu ou presque, durant ces violences. Parmi ces déplacés involontaires, figurent des personnes âgées, des enfants non-accompagnés de leurs parents et des femmes qui allaitent des bébés, et enfants. 
 

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