Financement du terrorisme: comment bloquer les circuits ?

Experts et ministres des cinq continents réunis depuis hier à Paris en France cogitent sur les moyens d’assèchement des flux financiers de Daech et Al-Qaïda.

Pas moins de 500 experts et 80 ministres venus de 72 pays du monde sont réunis depuis hier dans la capitale française pour réfléchir sur les moyens de bloquer les financements de l’organisation de l’Etat islamique (EI) et Al-Qaïda.

L’Organisation des Nations unies (ONU), le G7, le G20, une vingtaine d’organisations internationales, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont également dépêché des délégations à cette grand-messe.

Bref tous les cinq continents et tous les pays arabes, exceptée la Syrie qui n’a pas été invitée, y prennent part. Preuve de l’intérêt du sujet à l’ordre du jour. Baptisée «No money for terror », cette conférence convoquée à l’initiative du président français, Emmanuel Macron, ambitionne de trouver une réponse internationale appropriée en changeant de tactique contre ces nébuleuses terroristes qui sèment peur et désolation aux quatre coins du monde.

L’Elysée a souligné dans un communiqué que «la victoire militaire contre le califat est un succès important, mais elle ne nous prémunit ni contre la résurgence de Daech (acronyme en arabe de l’EI, NDLR), ni contre l’activité des groupes et individus ayant prêté allégeance à cette organisation ou à Al-Qaïda». En la matière, la présidence française dit disposer de chiffres et des faits qui font froid au dos. «Daech a accumulé un énorme trésor de guerre, de l’ordre d’un milliard de dollars par an.

Il a depuis circulé, au moins en partie, il est vraisemblablement quelque part (...) Ces groupes sont très doués pour utiliser les techniques les plus sophistiquées pour faire circuler les flux financiers, ils savent se jouer des frontières», poursuit l’Elysée.

Les participants sont appelés à confronter leurs expériences pour parvenir à un ensemble de «bonnes pratiques » devant être globalisées. Conscients de ce que les groupes terroristes, pragmatiques et ingénieux, s’adaptent selon le continent, la région ou le pays, les décideurs du monde entendent développer une réflexion globale, mais aussi agir au cas par cas.

Hier, Bruno Dalles, directeur de la Cellule anti-blanchiment du ministère français des Finances (TRACFIN), François Molins, procureur de la République, et Emmanuel Moulin, directeur de cabinet du ministre français des Finances ont animé des tables-rondes.

Ce jeudi, Peter Neumann, directeur de l’International Center for the Study of radicalisation du King’s College de Londres, auteur en août d’une étude remarquée sur le financement du terrorisme, prendra la parole.

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