Une histoire écrite en coups de force

 Le parcours de ce pays lusophone d’Afrique de l’Ouest est marqué par une instabilité politique permanente.

Six ans après son indépendance intervenue le 10 septembre 1974, l’histoire de la Guinée-Bissau a basculé dans une longue série de soubresauts. Tout commence en 1980 lorsque Luis Cabral, le tout premier président, est renversé à la suite d'un coup d'État fomenté par Joao Bernardo Vieira, alors Premier ministre. Ce coup de force va entraîner un bouleversement à l’origine d’une scission entre le Cap-Vert et la Guinée-Bissau.

C'est dans ce contexte trouble que Joao Bernardo Vieira va s’emparer du pouvoir. Tout au long de la décennie 80, le régime va essuyer de nombreuses tentatives de coups d'État sans pour autant vaciller. Dans un contexte de tension généralisée à travers le pays, le régime entame un processus de libéralisation économique et politique.

L’instauration du multipartisme interviendra en 1992, suite à une révision constitutionnelle qui met fin à l'exclusivité du PAIGC, le parti unique. Les premières élections législatives pluralistes organisées le 3 juillet 1994 sont largement remportées par la formation politique au pouvoir qui engrange 62% des sièges. Une large victoire qui balise le chemin à M. Vieira qui sortira vainqueur au second tour de la présidentielle du 7 août 1994, avec près de 52% des voix. Devançant ainsi Kumba Yala, son principal adversaire. 

Mais, Joao Bernardo Vieira se verra destitué en 1999 par l’armée. Elu le 16 janvier 2000, Kumba Yala, chef du Parti de la rénovation sociale (PRS), sera déposé le 14 septembre dans un contexte de mécontentement généralisé et de crise politique le général Verrissimo Correira Seabra. Pour diriger le pays, un Comité est mis sur pied et organise l’élection présidentielle en 2005 qui se soldera par l’élection de Kumba Yala.

Mais, cette nouvelle alternance démocratique ne sera pas synonyme de retour d’une paix durable en Guinée-Bissau. Puisque les violations à répétition de la Constitution, les nombreux remaniements ministériels les limogeages et les bouleversements intervenus au sein de l’armée sous ce dernier vont davantage exacerber les Bissau-guinéens qui n’en pourront plus.

En avril 2012, alors que le deuxième tour de la présidentielle doit opposer le Premier ministre Carlos Gomes Junior et Kumba Yala, celui-ci appelle au boycott et met en garde quiconque mènerait campagne. Dans la confusion,  Raimundo Pereira, alors président intérimaire, M. Gomes Junior et plusieurs officiels sont arrêtés et détenus au siège de l'état-major de l’armée à la faveur d’un coup de force commandé par le général Mamadu Ture Kuruma, vice-chef de l'état-major.

Avec la nomination récente d’un nouveau gouvernement dirigé par Aristide Gomez, après d’interminables bras de fer entre le président José Mario Vaz et ses différents Premiers ministres, faut-il espérer que la Guinée-Bissau a définitivement tourné la page des mutineries et autres crises politiques qui ont jalonné son histoire pour résolument penser son développement?  Seul l’avenir nous dira.

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