Une lourde responsabilité

Regard

Après la validation de leurs mandats, les sénateurs ont reçu avant-hier à Yaoundé  leurs attributs dans le cadre de la deuxième législature du Sénat. Pour être dans la plénitude de leurs fonctions, les sénateurs ont ainsi arboré l’écharpe tricolore frappée d’une étoile dorée. La prochaine étape, c’est l’élection du président et du bureau du  Sénat. Et ce n’est qu’après cette phase que le travail législatif proprement dit pourra commencer.                                                                                                                                                   
En attendant, les sénateurs, tous des femmes et des hommes mûrs puisqu’ayant au moins 40 ans révolus,  ont à cœur de remplir la mission pour laquelle ils ont été élus ou nommés. A ce sujet, la Loi fondamentale est claire : le Sénat représente les Collectivités territoriales décentralisées. Chaque région est représentée au Sénat par dix sénateurs dont sept sont élus au suffrage universel indirect sur la base régionale et trois nommés par le président de la République.

Au cours des cinq prochaines années donc, période qui correspond à la durée de leur mandant, les sénateurs auront la lourde responsabilité de défendre les intérêts des régions et communes qu’ils représentent. Et dans le contexte actuel où il est question d’accélérer le processus de décentralisation, le moins que l’on puisse dire est qu’ils ont du pain sur la planche.

Car ils entament cette deuxième législature au moment où les attentes des populations à la base sont énormes. Le chef de l’Etat, Paul Biya, ne déclarait-il pas il y a quelques mois que les consultations qu’il a menées, puis, les avis et suggestions qu’il a  recueillis, l’ont conforté dans l’idée que les Camerounais souhaitent participer davantage à la gestion de leurs affaires notamment au niveau local ?

C’est pourquoi le président de la République indiquait dans son message à la Nation, le 31 décembre 2017, qu’il a prescrit la mise en œuvre des mesures nécessaires pour concrétiser rapidement la réforme majeure qu’est la décentralisation. Une réforme qui consiste en un transfert par l’Etat central aux régions et aux communes, des compétences nécessaires et des moyens appropriés afin que ces dernières puissent efficacement relever le défi du développement à la base.

De façon pratique, les populations souhaitent être mieux associées à la prise des décisions qui impactent directement  leur vie, en vue d’une multiplication et d’une meilleure qualité des services de proximité, à l’instar de la fourniture de l’eau potable, de l’électricité, de l’offre des soins de santé, de la construction et de l’entretien des routes et des ouvrages de franchissement. Bref, des  infrastructures nécessaires au développement et à l’amélioration des conditions de vie dans les régions et communes.

                                                                                                                        
La création, le 2 mars 2018, du ministère de la Décentralisation et du Développement local par le chef de l’Etat s’inscrit dans cette perspective. D’ailleurs, lors du récent Conseil ministériel, le président de la République a dit attendre à brève échéance des propositions détaillées et un chronogramme relatifs à l’accélération du processus de décentralisation en cours.

  Dans ce contexte, le peu que l’on puisse attendre des sénateurs est qu’ils accompagnent la dynamique ainsi enclenchée, à travers soit le travail législatif, soit le contrôle de l’action gouvernementale.

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