« Le paludisme a considérablement baissé à l’Extrême-Nord »

 Dr Fanne Mahamat Ousman, Délégué régional du ministère de la Santé publique pour l’Extrême-Nord.

Madame le délégué, la région de l’Extrême-nord figure parmi celles qui ont un taux de paludisme très élevé au Cameroun. À ce jour, quel état des lieux faites-vous au sujet de cette maladie dans votre région?

Le paludisme reste la principale cause de mortalité et de morbidité dans l’Extrême-Nord. Précisons-le, c’est une maladie qui survient de manière saisonnière et surtout pendant la saison des pluies. En 2017, le paludisme à lui seul a constitué 56% des cas de consultations dans les formations sanitaire avec au compteur 23% de décès. Il faut préciser que ce sont les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes qui sont les plus touchés par cette maladie. Toutefois, il faut noter que de nombreuses actions sont menées pour lutter contre cette maladie et, ces dernières années, des progrès considérables ont été observés. Le Programme national de lutte contre le paludisme à travers le Groupe technique régional de lutte contre le paludisme de l’Extrême-Nord a conduit en 2017 plusieurs activités, dans l’optique de capitaliser les acquis et de poursuivre la lutte contre cette affection.

Comment appréciez l’action combinée entre le gouvernement et ses partenaires dans cette lutte ?

C’est grâce à cette synergie d’action entre le gouvernement camerounais et partenaires que les résultats enregistrés ces dernières années sont bons. Beaucoup d’actions que ce soit curatives, préventives et même  promotionnelles sont menées sur le terrain. A titre d’exemple, nous sommes présentement en pleine campagne de distribution des moustiquaires imprégnés à longue durée d’action. La chimio-prophylaxie saisonnière qui se fait dans les régions septentrionales se passe aussi ici à l’Extrême-Nord. Nous avons déjà organisé deux campagnes. Pour les femmes enceintes, les médicaments sont distribués gratuitement, lors des consultations prénatales dans les formations sanitaires. C’est toutes ces actions combinées qui font reculer le poids du paludisme, lequel a fortement baissé depuis 2015. Aujourd’hui, en ce qui concerne les décès dus au paludisme, nous sommes carrément passé à la moitié des selon nos statistiques, donc cela veut dire que nous gardons le cap et la lutte se porte bien.

Et les populations dans tout ça jouent quel rôle ?

La population jusque-là adhère positivement à tout ce paquage qui est offert dans la lutte contre le paludisme et nous profitons de l’occasion pour leur demander de continuer de l’avant et de suivre les conseils que nous leur prodiguons. Qu’elles dorment sous les moustiquaires imprégnées, c’est très efficace, qu’elles évitent l’automédication. En cas de fièvre, il est mieux de se rapprocher des agents communautaires de santé ou se rendre dans la formation sanitaire la plus proche. Il faut noter que les médicaments sont gratuits pour les enfants de moins de cinq ans. À toutes ces mesures, elles doivent veiller à un état de salubrité des lieux d’habitation.
 

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