Madagascar: débat autour de la présidentielle

 Les avis sont partagés sur l’opportunité d’organiser cette élection le 29 août plutôt qu’en novembre prochain comme initialement prévu.

Depuis la dernière sortie du président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la classe politique malgache est en effervescence. Pour sortir de la crise politique qui secoue le pays voici bientôt trois semaines, Hery Rakotomanana a fait trois propositions : un scrutin anticipé en août 2018, un report en mai 2019 ou alors s'en tenir à la date initialement prévue fin novembre 2018.

«Selon l’article 52 de la Constitution, il est possible de tenir une élection anticipée. Si cette solution convient à tous (le gouvernement et l’opposition), alors la CENI propose la date du 29 août 2018 pour le premier tour de l’élection présidentielle», a-t-il indiqué. Si pour la CENI une présidentielle anticipée semble être envisagée, cette proposition est diversement accueillie par les acteurs politiques.

Dans le camp de l’opposition, l’on se montre inflexible et exige avant toute chose le départ du président de la République. «C’est la démission de Hery Rajaonarimampianina et de son équipe que l’on veut.  La CENI ne propose qu’une solution tape-à-l’œil. Laissez d’abord démissionner ceux qui doivent le faire et on parlera d’élections après», a lancé la députée Hanitriniaina Razafimanantsoa.

Du côté du Mapar, parti d’Andry Rajoelina, l'ancien président de Transition, l’on se dit favorable à un scrutin anticipé. «C'est mieux d'organiser une élection anticipée pour éviter toutes sortes de manoeuvres politiques de la part du régime en place ou bien de l'opposition», a déclaré Jean Brunelle Razafintsiandraofa, député de cette formation politique. Selon Guy Rivo Randrianarisoa, député du TIM, parti de l'ancien chef de l'Etat Marc Ravalomanana, les conditions d’un scrutin bien organisé importent plus que la date de sa tenue.

«Peu importe les dates que la CENI donne, il faut que toutes les institutions légales du pays soient d'abord aux normes, répondant à une élection juste, équitable et transparente. Si ce n'est pas fait, il y aura plus de problèmes après les élections», a-t-il affirmé.

Du côté du pouvoir, l’on fait savoir que le choix d’une présidentielle anticipée pourrait constituer un risque dans l’organisation matérielle. «On a plus de 20 000 bureaux de vote sur l'ensemble du territoire.

On multiplie les chances d'avoir des élections qui vont par la suite être critiquées sur l'aspect organisationnel», s’inquiète Freddie Mahazoasy, vice-président de l'Assemblée nationale et député du HVM, le parti présidentiel.

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie