Vivre ensemble: bilingues et fiers de l’être

Avec deux langues officielles, des centaines de langues nationales et une multitude d’ethnies, le pays est un parangon du vivre-ensemble.

Depuis des décennies, le Cameroun vogue entre francophilie et anglophilie. Le français et l’anglais, héritage de l’Histoire, sont en effet devenus les deux langues officielles du pays. Ce bilinguisme officiel du Cameroun est une particularité qui fait des envieux au-delà du pays.

Il est la conséquence d’un long processus historique. La France a exercé tour à tour le mandat, puis la tutelle sur le Cameroun de 1916 (date à laquelle ce territoire est arraché à l’Allemagne) jusqu’au 1er janvier 1960 (proclamation de l’indépendance du Cameroun oriental).

Et c’est tout naturellement que les dirigeants du Cameroun oriental français – qui représentait 70% du territoire – ont reconnu les symboles du parrain français, la langue y compris. Mais, la Grande Bretagne avait également son mot à dire sur une partie du territoire camerounais.

Le Cameroun occidental était en effet sous administration britannique et dans cette partie, c’est l’anglais qui était la langue de l’administration et des échanges. Une fois émancipé, le Cameroun a finalement adopté ces deux langues comme langues officielles.

Cet usage est ainsi consacré par la Constitution camerounaise. Toujours est-il que dans les faits, le Cameroun est divisé en deux zones linguistiques où l’une ou l’autre langue est prépondérante. Mais, cela ne change rien au caractère bilingue du pays. Tout est mis en oeuvre pour que sur le plan officiel, il n’y ait aucun déséquilibre entre les deux langues. La Constitution ayant prévu que l’anglais et le français sont les deux langues officielles « d’égale valeur ».

La tendance est si forte que, pour affirmer sa double appartenance aux structures politiques, administratives et linguistiques françaises et britanniques, le Cameroun appartient aussi bien à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) depuis le 19 novembre 1991, qu’au Commonwealth of Nations depuis novembre 1995. Autant pour le Commonwealth of Nations que pour l’OIF, le Cameroun assume convenablement son statut de membre.

Le Commonwealth s’investit dans la promotion des droits de l’homme et finance de nombreux projets socio-culturels et économiques à travers des mécanismes comme le Fonds du Commonwealth pour la coopération technique (CFTC). Au ministère des Relations extérieures du Cameroun, un ministre délégué en charge des relations avec le Commonwealth s’occupe du suivi de cette coopération.

Du reste, les relations avec le Commonwealth et l’OIF sont cordiales. Chief Emeka Onyaoku, Donald Mckinnon et plus récemment Patricia Scotland ayant tour à tour occupé le poste de secrétaire général du Commonwealth, ont séjourné au Cameroun. Le Secrétaire général actuel de l’OIF, Michaëlle Jean, a également visité le Cameroun, tout comme son prédécesseur Abdou Diouf.

Et assez régulièrement, les diplomates du Commonwealth et de l’OIF s’impliquent par exemple dans les questions relatives à l’instauration de l’Etat de droit et de la démocratie au Cameroun. D’une façon g&ea...

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