Retrait de la CPI: l’Afrique du Sud aussi

Le pays a adressé vendredi dernier une correspondance à l’Organisation des Nations unies pour signifier son divorce d’avec cette juridiction. 

Le gouvernement sud-africain a saisi l’Organisation des Nations unies (ONU) vendredi dernier pour lui signifier sa volonté de se retirer du Statut de Rome qui fonde la Cour pénale internationale (CPI). Sous la plume de sa ministre des Affaires étrangères, Maite Nkoama-Mashabane, l’Afrique du Sud estime que ses obligations en matière de résolution pacifique des conflits sont, dans certains cas, incompatibles avec l’interprétation des obligations de la CPI. «Par conséquent, la situation nécessite que la République de l'Afrique du Sud se retire du statut de Rome de la Cour pénale internationale», écrit le chef de la diplomatie sud-africaine. Ce retrait intervient 72 heures seulement après la promulgation par le président Pierre Nkurunziza d’un décret portant retrait du Burundi du Statut de Rome.
Par cette décision, le pays de Nelson Mandela met ainsi à exécution une menace qui dure depuis un peu plus d’un an. En effet, depuis juin 2015, les rapports entre l’Afrique du Sud et la CPI sont brouillés, suite au refus de Pretoria d’arrêter Omar el-Bechir accusé de «crimes contre l’humanité, crimes de guerre et de génocide» dans le conflit au Darfour et en séjour en Afrique du Sud dans le cadre du 26e sommet de l’Union africaine (UA).  L’Afrique du Sud avait alors justifié son refus par le fait que le président sud-soudanais bénéficiait d’une immunité de par sa fonction. Les députés du Congrès national africain au pouvoir ont salué ce retrait de la CPI, devenue selon eux, un instrument aux mains de certains.
Dans le camp des défenseurs des droits de l’Homme, l’annonce par l’Afrique du Sud de se retirer de la Cour pénale internationale a suscité une vague d’indignation. Ce retrait «démontre un mépris surprenant pour la justice de la part d'un pays longtemps vu comme un leader mondial en matière de justice pour les victimes des crimes les plus graves», a réagi Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué. «Les victimes ont le droit d'accéder à la justice, comme les chefs d'Etat ont le devoir de s'y plier», ajoute la South African Litigation Center (SALC). Pour sa part, Amnesty International dénonce «une trahison vis-à-vis de millions de victimes».  
 

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