« Nous nous soutenons sur tous les aspects »

Colonel Roger Kuitch, Attaché de Défense au Haut Commissariat de la République du Cameroun au Nigeria, Mission militaire.

Vous avez une part importante dans la préparation du Bataillon de l’armée nigériane attendu à Yaoundé pour la grande parade militaire au Boulevard du 20 mai. Comment se sont déroulés ces préparatifs ?

En tant qu’Attaché de Défense au Haut Commissariat de la République du Cameroun au Nigeria, j’ai éprouvé une grande joie lorsque nous avons appris que le chef de l’Etat conviait aux célébrations du 20 mai, une troupe de l’armée nigériane. Toute la Mission militaire camerounaise ici au Nigeria a été enchantée et honorée, parce que nous avons collaboré nombre de fois avec les braves éléments de l’armée nigériane sur différents terrains. Ensemble, nous avons beaucoup œuvré à ce que la coopération entre les armées de ces deux nations aille de l’avant. Et à travers cette participation au défilé, nous pourrions démontrer l’effectivité de ladite collaboration. C’est un grand honneur.

Quels sont, concrètement, ces différents secteurs de coopération entre Camerounais et Nigérians sur le plan militaire ?

Nous avons une collaboration à deux niveaux. Sur le plan bilatéral et sur le plan multilatéral. Concernant la collaboration bilatérale, les forces de sécurité des deux pays travaillent depuis de nombreuses années sur un champ élargi d’actions. Le principal reflet de ce partenariat est l’échange de programmes. Par exemple, certains de mes collaborateurs ont été formés au National Defence College d’Abuja, et moi-même qui vous parle, je suis passé par cette institution. Un grand nombre de Camerounais sont passés par le National Defence College, par le Junior Staff College et par le Senior Defence College ici au Nigeria. Et d’un autre côté, vous avez plusieurs Nigérians qui sont formés dans les écoles militaires au Cameroun. L’objectif majeur étant d’obtenir à long terme des générations de forces armées outillées et solides, pour renforcer la sécurité et les liens des deux pays. Il y a quelques mois, il y a eu une visite de l’Ecole de guerre du Nigeria au Cameroun. Et nous espérons d’ici peu, que les élèves de l’Ecole militaire du Cameroun viendront en visite au Nigeria.

Qu’en est-il de la collaboration multilatérale ?

Avant que la Force multinationale mixte ne se mette en place sur le terrain, il n’y avait que des contacts informels entre les officiers des deux armées. Ces derniers, du fait de leurs relations personnelles acquises durant la formation, pouvaient collaborer sur le terrain. Voilà tout ce qui se faisait sur le plan bilatéral. Et parlant du plan multilatéral, on peut évoquer la Force multinationale mixte qui comporte un secteur dirigé par l’armée camerounaise. Les échanges entre le secteur camerounais et les autres secteurs, précisément le secteur nigérian, se passent très bien. Nous nous soutenons sur tous les aspects. Partage de renseignements, soutien logistique, entre autres, existent et donnent les résultats probants constatés aujourd’hui. Et manifestement, Boko Haram a pris du plomb dans l’aile, même s’il conserve une certaine capacité de nuisance, car il ne s’agit pas seulement d’une force combattante, mais d’une doctrine. Ceci dépasse largement le cadre des forces de défense et nécessite l’engagement d’autres intervenants. Mais dans l’idée de pallier cette difficulté, la coopération militaire pourrait mettre l’accent sur l’action civilo-militaire, avec pour but de modifier l’environnement opérationnel pour favoriser la réussite de la mission. L’impact serait alors sur les populations. Les préparer psychologiquement à un nouveau discours pourrait contrer l’endoctrinement.

 

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