20 mai 2018: quelle unité célébrons-nous ?

Alors que les Camerounais s’apprêtent à célébrer le 46e anniversaire de l’avènement de l’État unitaire dans un contexte sociopolitique d’une exceptionnelle stupeur, estampillée de doute et de déni de leur propre nationalité par certains compatriotes, il importe de se remémorer le sens de l’unité qui fait l’orgueil des Camerounais et que  quelques-uns tentent de torpiller. En nous plongeant dans une crise pérenne, ruineuse et fatidique, et en remettant en cause notre appartenance commune et communautaire à une même et seule Nation, ont-ils seulement conscience de ce qu’ils font ? Quel sens, du point de vue épistémologique, anthropologique, ethnologique comme politique devons-nous donner à l’Unité du Cameroun aujourd’hui, alors que nous végétons dans une incertitude identitaire ? Cette question est un rappel fondamental tandis que le souci de faire évoluer les institutions de notre République se fait grand et pressant, quelle peut être la motivation anarchique qui anime les esprits agités dont le but inavoué est de noyer le Cameroun et les Camerounais dans une confusion notionnelle qui fragilise les fondements même de l’État.

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Dans son ouvrage fondateur

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« Pour le libéralisme communautaire » dont les pages traduisent la pensée politique du Président Paul Biya, de longs chapitres sont consacrés aux fondamentaux de l’Unité nationale.  Tout en reconnaissant que l’Unité nationale a fait des progrès considérables, si l’on s’en tient à des paramètres tels que la communauté de souvenirs historiques, le bilinguisme et la communauté de races et d’ethnies, l’auteur, Paul Biya s’inscrit en faveur d’une évolution qui nous fera passer au stade d’une véritable intégration nationale. Autrement dit, pour lui, Paul Biya, l’Unité nationale n’est pas une apogée, mais une étape vers l’intégration.

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« vers l’apothéose de la nation » (p.33).

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Dans le même ouvrage comme dans ses discours, le président Paul Biya ne dévie pas de son itinéraire de départ. Il poursuit, et c’est là toute la problématique de la question, qu’il faut créer en chaque Camerounais les conditions d’une « conscience nationale si profonde que l’attachement primaire et instinctif aux valeurs et intérêts tribaux et régionalistes » qui fait du Cameroun une tour de Babel, se dilue peu à peu dans les esprits  afin que le Cameroun acquiert une « consistance sociologique nationale » plus réelle et plus sensible. Tel est le choix des pères fondateurs de notre nation lorsqu’il a fallu porter sur les fonts baptismaux les piliers sur lesquels viendraient se greffer la construction et la noble Constitution d’un Cameroun fier de sa diversité et de son histoire. Tel est le sens du combat politique du Président BIYA que d’aucuns perçoivent à moitié. L’Unité nationale ne se juge pas sur son processus, mais sur la finalité qu’est l’intégration nationale.

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Lorsque, au nom d’une idéologie diffuse et évanescente, certains amnésiques nous proposent, les armes à la main, de revenir à un stade qui semblait être dépassé depuis des lustres, nous voulons rappeler que le principe d’indivisibilité du Cameroun, cher au Président Paul Biya, est la base constitutionnelle de l’État du Cameroun. La République qui fait notre fierté est conçue au sein d’un État unitaire dans lequel la souveraineté nationale est irréductible et insécable. Contrairement à l’État fédéral où la souveraineté est fragmentée entre les différents États fédérés, l’État unitaire est le seul détenteur de la souveraineté. Ce principe implique l’unité du territoire et du peuple camerounais, sans omettre le respect des canons constitutifs de la décentralisation. Il réunit en un concentré de valeurs, toute la richesse de la diversité culturelle et débouche sur une « connivence culturelle » où l’on accède à une nouvelle « personnalité camerounaise éclectique »  (p.115). L’indivisibilité de l’État met en valeur le principe d’égalité devant la loi de tous les citoyens. Inscrit dans notre constitution, ce principe s’applique à chacun des éléments constitutifs de l’État pour mieux articuler les relations entre la population et le pouvoir central, et à l’extérieur, pour nouer des relations diplomatiques avec l’étranger. À travers lui, le peuple conserve son unicité et son équilibre.

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