Le creuset de la coopération militaire régionale

 La mise sur pied de la Force multinationale mixte pour faire face aux menaces sécuritaires dans les pays du Bassin du lac Tchad est passée par plusieurs étapes.

L’engagement des Chefs d’Etat et de gouvernement  d’unir leurs efforts pour apporter une réponse commune et coordonnée au défi sécuritaire posé par Boko Haram à tous les pays riverains du Bassin du Lac Tchad s’est concrétisé en août 2015 par l’opérationnalisation de la  Force multinationale mixte (FMM).

La Force ayant été créée à l’initiative du Nigeria, du Cameroun, du Tchad et du Niger (le Bénin ayant un statut d’observateur), ce sont ces pays qui constituent les principaux soutiens en troupes, en financements et équipements divers.

Forte d’environ 10000 hommes, la Force n’a pas d’arsenal propre. Les moyens opérationnels proviennent donc des pays disposant des contingents, ainsi que des partenaires stratégiques et autres donateurs.

Relativement récente, l’entrée en action de la FMM est l’aboutissement d’une longue marche qui a commencé une vingtaine d’années plus tôt.

Dans une étude consacrée  à ce sujet, le Conseiller militaire auprès du Secrétaire exécutif de la CBLT retrace les principales étapes d’un long processus qui comporte quelques dates essentielles.

1994 : Confrontés aux défis considérables de toute nature, les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la Commission du Bassin du lac Tchad décident dans un élan de solidarité la création de la Force multinationale mixte lors du 8è Sommet de la CBLT à Abuja. A cause de nombreuses difficultés de départ, la structure va rester longtemps en veilleuse.

2012-2014 : face à la recrudescence des actes de grand banditisme transfrontalier et autres trafics illicites, la riposte s’impose. Pendant deux ans, la CBLT va s’atteler à la réactivation de la FMM avant d’accélérer par la suite sa montée en puissance, tout en intensifiant la coopération sous régionale en matière de sécurité.

La volonté de redynamiser la Force s’est matérialisée le 08 mai 2012 à Niamey au Niger avec la tenue de la toute première réunion des ministres de la défense et des chefs d’état-major des armées des pays membres de la CBLT.

La deuxième réunion des ministres de la défense de mars 2014 à Yaoundé va poursuivre la réflexion pour jeter les bases structurelles de la Force, formuler son mandat et définir les modalités de son soutien.

A cette occasion, le Cameroun décide de rejoindre la FMM  par le déploiement d’un bataillon de 750 troupes et la nomination d’un conseiller militaire auprès du Secrétaire exécutif de la CBLT.

2014-2015 : l’engagement des dirigeants de la CBLT d’unir leurs efforts pour faire face aux menaces sécuritaires auxquelles sont exposés leurs pays va se traduire par l’accélération du processus d’opérationnalisation de la FMM, avec le soutien de la communauté internationale.

Cette période sera jalonnée par une série d’événements ayant contribué à l’élaboration du Concept d’Opération (CONOPS). On peut citer, entre autres, le Sommet de Paris sur la sécurité au Nigeria du 17 mai 2014, la tenue des 3è et 4è réunions des ministres de la défense, respectivement à Niamey et Abuja, le Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la CBLT le 7 octobre 2014 à Niamey, l’atelier de Yaoundé d’octobre 2014 sur l’élaboration de la stratégie de lutte commune contre le menace terroriste, la réunion des ministres des affaires étrangères et de la défense du 20 janvier 2015 consacré au suivi de l’exécution des décisions du Sommet de Paris.

Le Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la CBLT de juin 2015 à Abuja aura permis la finalisation du Concept stratégique d’opération (CONOPS) de la FMM qui sera approuvé lors des mêmes assises.

2015-2017 : cette période est celle de la consolidation de l’intégration sous-régionale en matière de sécurité, avec le soutien effectif des partenaires internationaux. Sur le plan opérationnel, la montée en puissance de la FMM va se traduire par de nombreuses offensives contre Boko Haram.

On peut mentionner aussi la signature de l’accord de mise en œuvre du soutien additionnel à la  FMM au siège de l’Union Africaine le 29 janvier 2016, la participation à la Conférence des donateurs de février 2016 à Addis-Abeba et le 2è Sommet sur la sécurité régionale de mai 2016 à Abuja.

Toutes ces activités ont abouti à des résultats tangibles sur le terrain. Ce qui a permis le retour progressif de la paix et de la sécurité ainsi que l’amorce, dès 2017, d’une stratégie régionale de stabilisation des zones préalablement touchées par Boko Haram.

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