Paix et sécurité dans le bassin du lac Tchad: l’union fait la force

Pour lutter efficacement contre Boko Haram et éradiquer la menace terroriste, les pays membres de la CBLT ont mutualisé leurs moyens de défense au sein de la Force Multinationale Mixte qui a déjà mené plusieurs actions d’éclat sur le terrain.

Au rond-point de la Grande armée en plein cœur de N’Djamena, capitale du Tchad, l’impressionnante statue du combattant dressé sur un cheval d’acier est située juste en face du  siège de la Commission du Bassin du Lac Tchad. Bien qu’elle soit probablement le fruit du hasard, cette proximité géographique est plus qu’un symbole.

Elle rappelle à suffisance les nouveaux défis sécuritaires auxquels sont confrontés les pays membres de la CBLT. La Force multinationale mixte placée sous l’égide de la Commission a été justement créée en 2015 pour faire face aux attaques récurrentes du groupe djihadiste dans la région du Lac Tchad.

Basée à N’Djamena au Tchad, elle est véritablement entrée en action à partir de février 2015. Au cours des dernières années, la structure interétatique chargée à l’origine de trouver des solutions aux problèmes liés à l’assèchement progressif de l’une des principales masses d’eau continentale d’Afrique, a élargi son champ d’intervention pour devenir le centre d’élaboration de la stratégie de lutte contre le groupe terroriste Boko Haram.

Rien d’étonnant que le Secrétaire exécutif de la CBLT, l’Ambassadeur Mamman Nuhu, soit également le  chef de mission de la Force mixte multinationale (FMM). De nationalité camerounaise, le  colonel Ndougou Hypolithe Jean est conseiller militaire auprès du Secrétaire exécutif de la CBLT.

Au moment où il reçoit l’équipe de Cameroon Tribune le 17 mai dernier dans son bureau, il s’attèle à l’une de ses principales missions : assister le patron des lieux dans l’organisation pratique de toutes les activités liées à la mise en œuvre de la Force, tout en jouant son rôle de point focal de la CBLT  dans la Task Force chargée de l’élaboration de la stratégie régionale de stabilisation des zones touchées par Boko Haram.

Au Quartier général de la Force multinationale mixte situé non loin de la Place de la nation, le visiteur, accompagné d’un officier supérieur, doit montrer patte blanche pour franchir le portail farouchement gardé par des hommes en treillis. Deux précautions valant mieux qu’une, il faut traverser une autre barrière de sécurité avant de pénétrer dans l’enceinte  proprement dite.

La présence des véhicules tout-terrain, des hommes en uniforme arborant plusieurs insignes nationaux, ainsi que des drapeaux multicolores claquant au vent indiquent bien qu’on est ici dans une structure à vocation multinationale. Placée sous l’égide de la CBLT, la Force mixte multinationale a été créée pour faire face aux attaques récurrentes du groupe djihadiste dans la région du Lac Tchad.

Composante opérationnelle dans la lutte antiterroriste, la FMM réunit cinq pays (Nigeria, Cameroun, Tchad, Niger, Benin), bien que la contribution en troupes relève exclusivement des quatre premiers pays. La mise sur pied d’une telle structure s’inscrit dans le cadre de la coopération inter-Etats en matière de défense.

La volonté des chefs d’Etat de la CBLT a été déterminante ainsi que l’appui des partenaires stratégiques et de la communauté internationale en général. La mutualisation des moyens militaires ayant pour finalité une lutte plus accrue et plus efficace contre Boko Haram. La Force est entrée véritablement en action à partir de 2015 avec le lancement des premières opérations d’envergure  sur le terrain.

Le nouveau commandant de la Force multinationale mixte est en poste depuis le 8 juillet 2017. Présenté comme un homme pétri d’expériences dans la lutte antiterroriste, le Général de division nigérian Leo Irabor a pris immédiatement les choses en main, combinant les descentes sur le terrain et la coordination des opérations militaires contre Boko Haram dont la capacité de nuisance a été grandement réduite, selon ses dires, grâce aux «succès militaires de plus en plus éclatants enregistrés sur le terrain.

A tel point que l’adversaire ne détient actuellement aucune portion de territoire dans la région du Lac Tchad. Les résidus terroristes se contentant désormais  des actions isolées menées de temps en temps grâce aux attentats-suicides.

La FMM opère ainsi dans le cadre du mandat autorisé du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine. L’objectif final recherché étant d’éradiquer l’insécurité et de faciliter la stabilisation dans les régions affectées par les activités de l’organisation djihadiste et d'autres groupes terroristes, en utilisant tous les moyens nécessaires, dans la limite ses capacités opérationnelles.

Il va de soi qu’un retour durable de la paix peut favoriser la relance de l’activité économique en vue d’améliorer les conditions de vie des populations. Selon le haut commandement de la Force Multinationale Mixte, les résultats déjà obtenus sont palpables avec la réduction drastique de la capacité de nuisance de Boko Haram qui en est réduit aux lâches attentats-suicides.
 

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